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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0465 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 465 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

représentants de la religion et à leur remettre le gouvernement, il eut
soin de garder pour sa peine un gros morceau, les parties de l'est et du
nord-est aujourd'hui administrées directement par les vice-rois du Seu-
chouen et du Kan-sou, de manière que, si le royaume de Lha-sa venait
à être perdu par une révolte nationale ou une conquête étrangère, il
restât encore une bande de terrain qui servît de couverture à la Chine
propre. Les successeurs de K'ien-long ont poursuivi la politique d'em-
piétements successifs et presque insensibles avec la continuité de vues
et la ténacité qui caractérisent la diplomatie chinoise. Ils profitèrent des
rivalités tantôt latentes, tantôt actives entre les princes indigènes, les
grands lamas, les diverses sectes, prétextes incessants d'intervention,
et dès qu'un seigneur terrien réclamait avec énergie son indépendance
et se montrait assez fort pour la maintenir, ils démontraient au gouver-
nement de Lha-sa qu'il avait bien tort de se charger d'administrer un
vassal aussi turbulent et qu'il valait mieux pour son repos s'en soulager
sur les épaules plus robustes de la Chine. Le Dé-ba-djong, de son côté,
se servait de toutes les circonstances pour essayer de remettre la main
sur les pays qui lui avaient été enlevés ; d'où conflits sans cesse renou-
velés. Les revers terribles qu'éprouva la Chine après 1860, la révolte
des Ta-ping, celle des musulmans du Turkestan, du Kan-sou et du Yun-
nan firent la partie belle à Lha-sa. En 1863 une guerre ayant éclaté
entre le Mé-nyag et le Dé-rgyé, le Dé-ba-djong intervint en faveur de ce
dernier à qui il imposa son protectorat, et annexa le Mé-nyag en
1866. Le général du Dé-ba-djong, un certain Poun-ro-pa gouverna le
pays pendant dix ans et le pressura sans pitié pour subvenir au luxe
barbare dont il s'entourait. Habile politique, il avait réussi à préparer
l'annexion des pays voisins de Li-t'ang et de Ba-t'ang et avait déjà passé
des conventions secrètes avec les chefs de ces deux territoires. Mais
les populations s'étaient plaintes à Lha-sa des exactions dont elles
étaient victimes et la jalousie qu'on éprouvait de la puissance et des
succès de l'ambitieux général firent écouter ces doléances. On rappela
Poun-ro-pa en lui promettant de le nommer ministre ; mais il était à
peine rentré dans la capitale qu'il mourut subitement en décembre