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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0472 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 472 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

breux et non dépourvu d'influence. Les Ngo-log sont absolument
indépendants de la Chine, nominalement et réellement. Ils forment une
société de pillards régulièrement organisée. Chaque année en été ils
font une ou plusieurs expéditions de trois cents à mille cavaliers, qui se
dirigent surtout du côté de Lha-sa, qui enlèvent les troupeaux, les
femmes, les enfants, pillent les caravanes de marchands. Ces expédi-
tions sont commandées par les chefs de tribus de l'aveu du roi, qui
perçoit un tant pour cent des produits. Elles pénètrent quelquefois
jusqu'en vue de Nag-tchou dzong et poussent des pointes jusqu'à très
avant dans la Mongolie. Les gens du Tsadam les redoutent fort; Naïchi
où il y avait autrefois des pâturages fréquentés par les Mongols a du
être abandonné à cause des pillages répétés des Ngo-log. Tout autour
du pays de ces bandits le vide s'est fait, de grands et riches pâturages
sont aujourd'hui déserts, nul n'osant s'y aventurer et se mettre dans la
gueule du loup ; quoiqu'ils ne plantent jamais leurs tentes et ne mènent
point leurs troupeaux au delà des monts A-mnyé Ma-tch'en, ils ne per-
mettent à personne de s'installer, ni même de passer entre ces montagnes
et le lac Kya-ring. Ce n'est point là la politique du chien du jardinier,
c'est une simple variante du protectionnisme. Les Ngo-log, ce faisant,
s'attribuent en vertu du droit du plus fort le monopole de l'exploitation
du sel du Kya-ring ts'o et ce monopole est très fructueux, car une
grande partie du Tibet oriental manque de sel; tout le pays entre le
T'a-ts'ang la et Gyé-rgoun-do en est dépourvu et les indigènes pauvres
le remplacent par de la terre rouge salée. Les Ngo-log vendent donc
leur sel au prix qu'ils veulent aux Dza-tchou-k'a-pa et aux Hor-pa qui
le repassent à leurs voisins. Gens pratiques, ils ne ferment pas leur
porte à tout trafic, ils ont une sorte de traité de commerce avec les
musulmans Salar et avec les gens du Soung-p'an t'ing qui peuvent vendre
librement leurs marchandises chez les Ngo-log à condition de céder une
certaine part de leurs bénéfices aux chefs de tribus et au roi. Les Salar et
les gens de Soung-p'an, étant contrebandiers, n'y perdent rien; ils payent
seulement aux chefs des Ngo-log ce qu'ils auraient dû payer au fisc
impérial. En même temps que négociants et industriels avisés, les Ngo-