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0478 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 478 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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bataille entre la civilisation et la barbarie ; des états divers y ont été
édifiés, détruits et reconstruits, des tentatives y ont été ébauchées pour
initier à la vie policée des peuplades rudes et sans art, et, lentement,
avec des alternatives de succès et de revers, la race industrieuse de la
Chine orientale s'est avancée, refoulant ou absorbant les tribus nomades.
A la vérité, son expansion ne paraît pas avoir été très considérable
depuis l'époque la plus reculée que nous connaissons. Au IIe siècle
avant notre ère, des soldats et des colons chinois étaient déjà installés
jusque dans le bassin de Boulongir ; lorsque Hiouen Ts'ang visita Lan-
tcheou en 629 il y avait de longs siècles déjà que cette ville était l'em-
porium du commerce de la Chine avec l'occident, le lieu de rendez-
vous des marchands de Kâchgar, de Khotan et des contrées ultra-pami-
riennes. C'est que, ces limites atteintes, les conditions climatériques et
géologiques, les peuplades barbares qui n'étaient point indéfiniment
compressibles opposaient un obstacle infranchissable à une plus grande
extension de la culture matérielle aussi bien que de la culture morale.
Mais ce que la Chine n'a pas gagné en étendue, elle l'a gagné en soli-
dité, les points qui n'étaient que des postes de sentinelles perdues ont
été occupés par le gros de l'armée chinoise, sont devenus part inté-
grante et indivisible du domaine national, et aujourd'hui Lan-tcheou
joue le rôle que Si-ngan joua depuis la haute antiquité jusqu'à une
époque relativement récente, celui de boulevard extérieur de la
Chine à l'occident. Si, à cause des Musulmans qui l'habitent, le Kan-sou
est resté un foyer dangereux d'insurrections, il n'est plus une porte
toujours ouverte des invasions, il n'est plus une proie sans cesse disputée
par des princes de différentes races. Nous n'avons pas une vue assez
nette de ce qu'il y a eu de superficiel et d'instable dans les conquêtes
des anciennes dynasties chinoises, nous nous faisons volontiers illusion
sur la puissance réelle des Han et des T'ang et ne sommes pas assez
convaincus de cette vérité que le XVIIIe siècle a marqué l'apogée, sinon
de la civilisation, du moins de la force matérielle de la Chine. Elle
n'avait jamais atteint à un pareil degré, excepté peut-être, et seulement
d'une façon plus éphémère, sous le règne de Khoubilay (mort en 1294),