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0495 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 495 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

quent des habitants du Turkestan oriental. Chez quelques-uns cette
ressemblance éclate avec évidence et à première vue, chez tous elle
se découvre à un examen un peu attentif. La plus grande partie d'entre
eux tirent comme les Salar leur origine du Turkestan chinois, mais
il est probable que dans les commencements ils ont dû s'allier aux
femmes indigènes, ce qui a eu pour résultat d'altérer plus ou moins
leur type. Le fait qu'aujourd'hui ils parlent tous chinois ne prouve
pas qu'ils l'aient toujours parlé; s'ils ont perdu leur langue propre
cela peut tenir, soit à ce qu'ils sont établis dans le pays depuis plus
longtemps que les Salar, soit à ce que, vivant dans des villes de com-
merce et proches des grandes routes, ils ont entretenu des relations
plus suivies et plus intimes avec les Chinois que leurs coreligionnaires
installés dans des cantons reculés et sauvages. En fait ils ne se séparent
point de ceux-ci et ils possèdent, concernant leur origine, la même tradi-
tion qui vient de Tourfan. Ils suivent également la chériat de Boukhâra ;
ainsi que les Salar et que les gens du Turkestan, ils considèrent le
tabac comme une chose dont il convient de s'abstenir (امکروہ), encore
qu'ils ne s'en privent aucunement, et leurs prêtres portent le nom
général de akhoun ainsi que dans le Turkestan chinois.

Cependant, en dehors de la tradition que j'ai rapportée plus haut,
ils en ont une autre, en commun avec les Salar, et d'après laquelle tous
les musulmans du Kan-sou seraient les descendants d'un certain
Abdourrahmân Baghdâdi et des soldats qui l'accompagnèrent. Cet
Abdourrahmân vint jadis de Baghdâd, envoyé par le khalife à la tête d'une
armée de musulmans recrutée à Samarkand et dans les pays environ-
nants, lutta pour la foi contre les Kalmak, c'est-à-dire ici contre les
Tibétains et fut tué dans un combat à Sin-hoa où l'on voit encore son
tombeau, but de pèlerinage pour tous les fidèles du Kan-sou. Ceux de
ses compagnons qui lui survécurent, restèrent dans la région, s'y ma-
rièrent et reçurent des terres de l'empereur. Les historiens chinois
rapportent en effet qu'en 757 le khalife Abou Dja'far envoya un corps
de troupes au secours de l'empereur attaqué par les Tibétains, qu'en
787 il y avait à Si-ngan 4,000 musulmans qui étaient venus du pays ap-