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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0012 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.3
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.3
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.3 / 12 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

ancienne du Turkestan oriental. Non seulement les indigènes instruits
ne possèdent point de vieux monuments, mais ils ne soupçonnent même
pas qu'il en ait jamais existé. Ainsi je n'ai rencontré personne qui sût
ce qu'est l'écriture ouïgoure et qui se souvînt d'en avoir jamais vu de
spécimen. La bibliothèque historique des plus doctes indigènes se borne
en somme à quelques romans de cape et d'épée traduits du persan et à
quelques vies de saints du pays. Du moins, le titre de saint s'obtenant
parmi les musulmans par les vertus guerrières plus que par les paci-
fiques, ce sont les héros, qui combattirent autrefois pour la bonne cause
contre les infidèles, qui ont été placés au premier rang dans la vénéra-
tion des croyants et dont la mémoire a été gardée le plus pieusement.
J'ai recueilli avec soin les légendes qu'on rapporte sur leur compte,
pensant qu'elles pouvaient jeter quelque jour sur l'histoire locale.

Il est de règle en tout pays musulman de faire remonter la première
annonce de la bonne nouvelle à l'un des apôtres envoyés par le pro-
phète en l'année dite des ambassades. Nous avons vu que Sa'ad Abou
Ouaḳḳas avait été chargé de ce rôle pour Tourfan et la Chine par les
hagiographes modernes. C'est Dja'far Ṭeyrân, également parent de
Moḥammed, qui a reçu la mission de faire connaître la venue du pro-
phète de Dieu aux gens de Khotan et de Kéria. D'ailleurs, celui-ci s'est
acquitté de sa mission par le même procédé que celui-là, en volant à
travers les airs. Il parvint ainsi à Tchira et mourut précisément à l'en-
droit où s'élève aujourd'hui son tombeau, à environ 6 kilomètres au
nord du bazar de Tehira, à l'extrémité de l'oasis, au point où commen-
cent les sables. Ne le voyant pas revenir, Moḥammed envoya trois per-
sonnes pour le rechercher et, s'il était mort, lui bâtir un mausolée. Il
leur donna pour tout viatique trois seaux d'eau, dont l'un devait sub-
venir à leurs dépenses de route, le deuxième aux frais de construction
du tombeau, le troisième aux aumônes à distribuer aux indigènes.
Quand ces trois envoyés arrivèrent au lieu où avait péri Imâm Dja'far
Ṭeyrân, les gens du pays se montrèrent hostiles et refusèrent de leur
fournir gratuitement de l'eau. Alors les Arabes prièrent Dieu de retirer
l'eau de cet endroit; leur prière fut exaucée et c'est pourquoi les envi-