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0244 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.3
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.3
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.3 / Page 244 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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est, c'est celle suivie par Nain-Singh, l'autre au sud-est, c'est la route
officielle. Cette dernière se dédouble à Rog-soum, la principale branche
continuant par Gar-t'og, la branche secondaire, plus courte, se diri-
geant à l'est et serrant de très près l'itinéraire de Nain Singh à partir de
91° de longitude.

La route suivie par le pandit bifurque elle-même au point où elle
traverse le cours supérieur du Bog-sang tsang-po. Un embranchement
descend cette rivière jusqu'au Tag-tsa ts'o et se réunit à notre itinéraire
de Tchertchen au Nam ts'o, soit à Gad-mar, ou à notre campement du
12 novembre 1893. De Gad-mar au campement de La-rkang,
on compte 16 étapes pour une caravane de chevaux, 470 kilomètres.
C'est une route facile, relativement peu accidentée, où l'on rencontre
partout de l'eau, de l'herbe, du combustible et quelques tentes dissé-
minées à droite et à gauche; les conditions au point de vue des appro-
visionnements en sont les mêmes que sur la route de Nia à Tchertchen
par Kara Say et sur celle de Nag-tchou à Gyé-rgoun-do. A une journée
de La-rkang on arrive au petit village de Dam (32 kilomètres), près
duquel passe la grande route de Si-ning et de Ta-tsien-lou. On remar-
quera, en consultant nos cartes, que nous sommes sortis de la bonne
route en deux endroits, mais sur de faibles distances.

Nous avons déjà signalé l'importance d'une route qui mène de
Kéria à Rou-t'og et que les Chinois ont eu le tort d'abandonner. Elle
leur permettrait de défendre facilement le Tibet occidental où il n'est
pas possible, faute de ressources, d'entretenir des troupes sérieuses.
Le chemin du Kyzyl davân réparé, on pourrait transporter aisément
et rapidement à Rou-t'og des vivres et des soldats de Khotan et de
Kéria, opération impraticable dans l'état actuel de la route, et le Tibet
occidental est ainsi absolument à découvert. Si les Chinois veulent
conserver ce pays il serait temps d'aviser. Au yâ-men de Khotan il
existe une carte de cette route que j'ai copiée, mais qui est si inexacte
que je juge inutile de la reproduire ou d'en donner les indications. Les
Turcs ne connaissent pas cette route de Rou-t'og, mais ils connaissent
bien celle de Polour à Lé par le Kéria kutel et le Yéchil koul, laquelle