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0060 L'Œuvre de la Délégation Archéologique Française en Afghanistan (1922-1932) : vol.1
L'Œuvre de la Délégation Archéologique Française en Afghanistan (1922-1932) : vol.1 / Page 60 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000284
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affaire à des couleurs au blanc d'œuf ; le peu qui
subsiste encore de l'ornementation des panneaux A à G
nous montre au contraire une gamme de teintes assour-
dies fixées, semble-t-il, à l'aide d'un vernis particulière-
ment consistant, très riche en gomme-résine. Le peintre
ne semble d'ailleurs pas s'être limité à l'emploi d'un
vernis fixatif ; la peinture paraît être d'une pâte plus
épaisse, précaution pleinement justifiée par le fait que
cette partie de la grotte était infiniment plus exposée
aux frottements que la coupole.
''La composition rappelait très nettement le dispositif
du type ''mandala'' de la coupole. Le panneau F, par
exemple, comportait un cercle central à bordure de perlé
autour duquel se groupaient cinq autres cercles pourvus
chacun d'un Buddha central ; à l'intérieur de chacun
de ces cercles figuraient, groupés autour de ce Buddha
central, neuf petits Buddhas. Tout cet ensemble s'ins-
crivait dans un grand cercle et le cercle dans un carré ;
à chaque angle de ce carré figuraient deux Buddhas.
L'ensemble du panneau a été à ce point endommagé qu'il
nous a été très difficile d'en restituer l'ordonnance primi-
tive. Le Buddha assis, nimbé et auréolé, qui figure à
l'angle droit du grand carré se détache sur le fond rouge
vif de l'auréole (fig. 57) ; le nimbe est de couleur bistre.
Par son type physique, ce Buddha diffère sensiblement du
type un peu lourd des Buddhas qui ornent la coupole : le
visage est un peu plus allongé ; par le regard direct il
s'affirme encore très dépendant de son humanité. No-
tons un autre détail qui doit frapper immédiatement
l'observateur le moins averti : l'écart, pour ainsi dire
anormal, qui existe entre les sourcils et le globe oculaire.
Des rehauts de couleur rouge soulignent le nez, la partie
supérieure du globe oculaire, les oreilles ; l'épiderme est
de couleur bistre foncé, l'épaule droite est nue. Le
vêtement supérieur est vert sombre, ce qui implique de
la part du peintre une fantaisie assez peu compatible
avec les exigences de l'orthodoxie ; le vêtement de des-
sous est rouge.
Notre ''roi chasseur'' nous paraît fournir, en ce qui
concerne la datation des peintures de Kakrak, un repère