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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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montrent une préférence marquée pour la représentation de scènes de Praṇidhi,⁸ Touen-houang nous révèle
au contraire le goût des représentations paradisiaques et un envahissement plus marqué dans l'iconographie des
Bouddhas fabuleux.
Il n'en faudrait pas conclure cependant que la représentation des mandalas n'était pas usitée dans le
Turkestan oriental et à Chôtschô même. Les hautes fresques ont été détruites en grande partie. Seules,
les portions les plus basses ont été préservées par le sable sous lequel elles étaient ensevelies. Le reste des
peintures a dû être vite effacé par le vent furieux qui, soulevant des ouragans de sable, les usait sans remède
en mitraillant le mur de parcelles de silice qui le passaient à l'émeri. Cependant, les parties basses de certaines
fresques suffisent pour que l'on puisse y déterminer la représentation d'un mandala. C'est le cas par exemple
pour les fragments de fresques reproduits dans les planches 8, 32,⁹ 45 (fragments e et c) ;¹⁰ 46 (fragment f).¹¹
L'étude de ces fragments et leur comparaison avec les mandalas bien déterminés de Touen-houang mettent ces
conclusions hors de doute.
Il est possible de fixer d'une manière assez précise l'époque à laquelle les mandalas de Touen-houang furent
exécutés. Certaines de ces peintures portent la date à laquelle elles furent vouées au temple par de pieux
donateurs. On relève sur un mandala de Bhaishajyaguru (Ch. 0224) la date de 939 : c'est la plus ancienne. Un
mandala, de Kouan-yin (xlvi. 0013), porte la date de 957 ; un autre, de Kouan-yin (xxi. 001), 963 ; deux autres, de
Kshitigarbha (lviii. c03), 963 ; un autre, d'Amitâbha (xlvi. c08), 972 ; enfin un autre, de Kouan-yin (00167), 972.¹²
D'autre part, sur l'ensemble des peintures de Touen-houang, on relève les dates extrêmes de 864 à 983 ; on peut
donc conclure avec certitude que les représentations de mandalas à Touen-houang remontent au plus tôt à la
deuxième moitié du IXe siècle et ne sont pas postérieures à la fin du Xe. Devons-nous conclure de ces données
que nous avons ici les premières représentations peintes des mandalas à large ordonnance, constitués sous
leur forme définitive? Ce que j'ai dit plus haut à propos de la représentation de mandalas dans les fresques de
Chôtschô infirmerait cette manière de voir car, quelle que soit l'opinion que l'on puisse professer sur la date
de ces fresques, il paraît bien difficile de pouvoir les considérer en tout état de cause comme postérieures au VIIIe
siècle. Sans doute, nous n'avons pas à Chôtschô le mandala dans son intégrité, mais comme on le verra par
la suite, les figures représentées sur les parties inférieures des fresques prouvent à toute évidence que le mandala
disparu en partie comportait le plus large développement possible.
Il est donc évident que la représentation des mandalas était déjà une habitude acquise avant les figurations
que nous rencontrons à Touen-houang au IXe siècle. Elle remonte sans aucun doute au VIIe et au VIIIe siècle.
Pouvons-nous la faire remonter plus haut encore et chercher au delà du Turkestan oriental son lieu d'origine?
Un document, très difficile à interpréter, tendrait à me faire donner à cette question une réponse affirmative.
Il s'agit d'une peinture (Ch. xxii. c023, Pl. LXV; Th. B., Pl. XIV) malheureusement en lambeaux et qui
constitue l'un des documents figurés les plus intéressants de tous ceux qui sont venus de Touen-houang. Elle
rassemble des figures de Buddhas et de Bodhisattvas dont le caractère gandhârien frappe dès le premier abord.
Sur la soie vieillie et brûlée par le temps, certaines inscriptions ont subsisté par endroits. Des fragments que j'ai
pu lire, il résulte que la peinture représente un assemblage d'images adorées dans l'Inde. Soit que le peintre ait
travaillé d'après des documents rapportés de l'Inde, soit qu'il ait lui-même, au cours d'un pèlerinage, copié sur
place ses modèles, le caractère indo-grec s'est conservé à travers le dessin chinois de telle manière que sa fidélité
ne peut faire l'ombre d'un doute.
À côté de certaines des figures, l'inscription a, au moins en partie, subsisté ; elle permet d'identifier le lieu
dans lequel était adorée l'image sacrée. Mais d'autres restent sans inscription et sont même en partie détruites.
Parmi ces dernières, il est une composition dans laquelle un assistant seul a subsisté. C'est le Bodhisattva
du soleil. Il devait avoir pour compagnon le Bodhisattva de la lune et tous deux se trouvaient de part et d'autre
d'une figure centrale. À côté du Bodhisattva du soleil, il en subsiste assez pour démontrer la présence de la
figure centrale. Or, si nous en croyons les peintures de Touen-houang, cette figure centrale ne pourrait être autre
qu'Avalokiteçvara et nous aurions ici un mandala du Bodhisattva de Miséricorde.
Cela peut faire remonter jusqu'en Inde l'origine des mandalas dans ses dispositions caractéristiques, telles
qu'elles nous apparaissent sous une forme définitive à Touen-houang. Ce n'est plus en effet les représentations
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