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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0373 Serindia : vol.3
セリンディア : vol.3
Serindia : vol.3 / 373 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000183
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OCR読み取り結果

que l'on trouve sur les bas-reliefs gandhâriens ¹⁹, mais bien le mandala dans ce qu'il a d'essentiel. Pourtant, il est
difficile sur un document unique et mutilé d'appuyer sur une semblable conclusion. On ne peut que
signaler son intérêt et attendre de l'avenir une confirmation nécessaire.

Pourtant, à y regarder de près, d'autres documents, qui remontent au Vᵉ siècle, nous montrent que
l'ordonnance du mandala était déjà fixée à cette époque : ce sont certaines des sculptures des grottes de
Yun-kang et de Long-men ainsi que ces sortes de stèles sculptées sur leurs quatre faces, si fréquentes à l'époque
des Wei et des T'ang et qui ont gardé en Chine et au Japon l'appellation bien caractéristique de 四 面 像
'Images à quatre faces.' Je me permets de renvoyer le lecteur au dernier chapitre de ce travail où je reprendrai
la question d'une manière plus utile, les comparaisons nécessaires ne pouvant logiquement se faire qu'après l'étude
détaillée des mandalas de Touen-houang. Il doit suffire de retenir ici les éléments de fait relatifs à la date et
l'on peut voir dès à présent quels doivent nous conduire à placer très près des dernières manifestations de
l'art gandhârien le développement iconographique des mandalas. Il n'est pas aventuré d'y reconnaître l'effet des
influences de l'Asie antérieure, des traditions éparses dans la Perse sassanide et la Bactriane conduisant le
bouddhisme en marche vers ses hautes destinées asiatiques à se constituer un panthéon qui semble avoir
surgi sur les mêmes données que le Panthéon chrétien et en même temps que lui.

II

Caractères généraux des Mandalas.

Tous ceux qui se sont quelque peu occupés d'art bouddhique connaissent ces représentations fastueuses de la
Sukhâvatî où l'on voit Amitâbha trônant dans son Paradis d'occident, entouré de Bodhisattvas et regardant
éclore dans le cœur des fleurs de lotus les âmes libérées, les âmes toutes blanches qui ont obtenu de renaître
dans la Terre de Pureté.

Le prototype de cette composition dérive d'une peinture introduite au Japon vers le milieu du VIIIᵉ siècle ;
copiée à plusieurs reprises, elle nous est connue par l'original même, conservé au temple de Taima ainsi que par
de nombreuses répliques dont les plus anciennes paraissent pouvoir remonter au Xᵉ ou au XIᵉ siècle, tandis que
les plus récentes appartiennent au XVIIᵉ et au XVIIIᵉ. Dans la partie centrale, on voit se développer la
représentation du Paradis d'occident, tandis que sur les deux bandes marginales, de part et d'autre de la peinture,
on aperçoit une série de scènes qui, sur certaines répliques, sont accompagnées d'inscriptions. Elles traitent de
l'histoire d'Ajitaçatru et de Bimbisâra.

Cette vieille peinture nous montre une ordonnance que nous retrouvons toute pareille aussi bien sur les
fresques de Touen-houang que dans les peintures rapportées par la Mission Stein. Nous n'avons pas lieu de
nous en étonner, car nous y avions constaté déjà cette abondance d'invention et ce mélange d'influences
caractéristiques de l'art bouddhique dans le Turkestan oriental. Le motif, sans doute constitué en plein
Turkestan, a gagné la Chine et le Japon où il s'est maintenu fidèlement. Mais quand, dans cette même