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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0383 Serindia : vol.3
セリンディア : vol.3
Serindia : vol.3 / 383 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000183
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OCR読み取り結果

à gauche, Mārici montée sur l'oiseau solaire, le phénix ; chacune d'elles est suivie de deux assistants. Ces deux
divinités sont les assistantes régulières de la Tārā verte dans l'iconographie tibétaine.

En avant de ces deux Bodhisattvas, on voit deux figures misérables, levant les mains vers Avalokiteçvara qui
laisse tomber vers eux l'ambroisie. L'inscription sur les cartouches est presque indéchiffrable. Cependant on
peut y lire encore avec certitude les mots 甘露. Or, cette 'douce rosée' et l'attitude des malheureux qui la
reçoivent suffisent pour identifier la scène tout entière. En effet, les vieillards représentent ici les preta qui se
désaltèrent à la source miraculeuse du Bodhisattva de Miséricorde.²⁶

Quant aux quatre personnages qui se trouvent deux par deux, de part et d'autre de la figure centrale, au-
dessous de Mahāmāyūri et Mārici, il n'est pas difficile d'y reconnaître, dès le premier abord, une figuration des
quatre Rois. Le premier d'entre eux, à droite de la figure centrale, semble être Vaiçravana, le Roi du Nord.
Dès lors, nous pouvons identifier tous les autres. Celui des Catur-Mahārājas qui se trouve en face de lui, portant,
comme lui, l'épée, n'est autre que le Roi du Sud, Virūdhaka. Celui qui porte la lance, derrière Vaiçravana,
à droite de la figure centrale, est Virūpāksha, Roi de l'Ouest, et le dernier enfin, derrière Virūdhaka, n'est autre
que Dhritarāshtra, Roi de l'Est.

Il reste enfin en bas de la peinture, en dehors d'assistants anonymes, porteurs d'offrandes, deux figures
tantriques. Sur une autre peinture, ils sont désignés comme les porteurs du foudre, à la tête de feu. Ce sont des
Vajrāpāni. Nous allons les retrouver, plus lisibles et moins mutilés, sur la peinture suivante.

Celle-ci (Ch. xxviii.006, Pl.LXIV ; Th. B., Pl. XLII) n'est autre qu'une réduction du maṇḍala à large ordonnance
que nous venons d'étudier. Si Kouan-yin a toujours ses mille bras et son auréole de mains avec l'œil ouvert dans
la paume, elle n'a plus onze têtes, mais une seule, coiffée d'une tiare dans laquelle on voit son Dhyāni-Buddha
Amitābha. Toute la figuration de la partie supérieure est réduite à la représentation des Bodhisattvas de la lumière
du soleil et de la lune, chacun dans leur globe respectif. Seulement, le peintre s'est trompé ; il a interverti les
figures et au lieu de mettre le Bodhisattva du soleil dont le char est traîné par l'oiseau solaire, l'œ, dans le globe
rouge du soleil, à la gauche de Kouan-yin, il l'a mis dans le globe de la lune, à droite. Naturellement, le Bodhi-
sattva de la lune, traîné par des chevaux, a pris place dans le globe du soleil.²⁷

À droite de la figure centrale, on voit un Bodhisattva porteur d'offrande, à gauche un brahmane qui, la main
droite levée, semble se garantir les yeux. Les caractères 燦 蔽 光 semblent évoquer la lumière rayonnante de
Kouan-yin qui vient éblouir le saint homme.²⁸

Enfin, en bas, on retrouve les génies de la terre et de l'eau, le corps surgissant de l'océan, soutenant le globe
dans lequel apparaît Kouan-yin, puis dans les coins de droite et de gauche, les deux Kin-kang (Vajrapāni) aux
formes terribles. Cependant, comme les Bodhisattvas de la lune et du soleil, leur place est intervertie. Celui qui
devait être à gauche est à droite et vice versa.

Quant aux inscriptions elles sont, elles aussi, assez embrouillées. Toutes deux remplissent deux cartouches
au-dessus du Vajrapāni de gauche tandis que, évidemment, l'une est l'une relative au Vajrapāni de gauche, l'autre
relative au Vajrapāni de droite. Elles portent les indications suivantes : 火 頭 金 ○²⁹ 大 恐 ○ et 火 頭
蹴 ○ 大 恐 ○. Ce sont deux Vajrapānis ; ils appartiennent à ces divinités terribles, qui soumettent les
démons et qui sont spécialement évoqués dans les exorcismes et les incantations magiques de l'école Yogācārya.

Cependant, ces figures énigmatiques méritent un examen approfondi, d'autant plus nécessaire que nous
avons à nous expliquer la présence à leur pied de deux génies, l'un à la tête de nāga,³⁰ l'autre à la tête d'éléphant.

Ces Vajrapāni figurent dans le Butsuzi-zui. Nous y retrouvons précisément celui qui est mis en rapport
avec Kouan-yin. Il règne sur les régions du sud et il y est désigné sous le nom de 軍 茶 利, Kiun-tch'a-li.
C'est Kuṇḍali 'qui brise et renverse tous les Asuras et les mauvais génies'.³¹