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0390 Serindia : vol.3
セリンディア : vol.3
Serindia : vol.3 / 390 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000183
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OCR読み取り結果

Bodhisattvas ; on aperçoit la tête et la partie supérieure du buste de celui qui siège à sa droite. La soie est
complètement rongée à gauche et la figure qu'elle portait a disparu. Si nous en rapportons aux données du
premier mandala de Kouan-yin que nous avons étudié (Ch. lvi. 0019, Pl. LXIII ; Th. B., Pl. XVII) nous devons
y reconnaître deux formes d'Avalokiteçvara elle-même. Ce sont 如意輪 et 不空罥索, Amoghapaça.

Jusqu'ici, nous ne trouvons rien que de très habituel. Cependant, si nous considérons la partie supérieure
de la peinture, nous verrons aussitôt qu'elle se signale par une figuration nombreuse et une composition très
développée.

Tout en haut, un Buddha préside au mandala de Kouan-yin. On s'attendrait, naturellement, à y reconnaître
son Dhyāni-Buddha Amitābha ; point : c'est le Buddha de Médecine, Bhaishajyaguru. Il est assisté de deux
Bodhisattvas assis, une jambe pendante, sur le lotus. La forme de leur tiare, leur costume plus indien, leurs
jambes nues, leurs membres grêles, la gracilité des gestes, l'expression rêveuse et calme d'un visage aux traits
fins, tout nous montre ici un art d'un caractère nouveau. Il a précisément cette inspiration mélancolique et
ce raffinement particulier à l'art des Wei du Nord et il s'oppose au caractère ramassé, vigoureux et un peu lourd
des figures de l'époque des Tang. Si nous nous reportons aux inscriptions du mandala de Bhaishajyaguru
étudié plus haut (Ch. lii. 003, Th. B., Pl. I, II), ces deux Bodhisattvas sont, à sa gauche, Mañjuçrî et
à sa droite, Samantabhadra. Comme cette identification s'est trouvée confirmée par la peinture à inscriptions
représentant un mandala à ordonnance réduite de Bhaishajyaguru, cotée sous le chiffre (Ch. 00224), il n'y a aucune
raison de ne pas tenir compte de cette double indication ici et d'hésiter à identifier les deux Bodhisattvas
assistants autrement que par la règle.

Autour du Buddha de Médecine, nous trouvons des personnages divers, quatre figures de prêtres, dont trois
parfaitement visibles, et six Bodhisattvas. Ici, les éléments d'identification nous manquent ; mais devant le
Buddha, nous retrouvons l'autel flanqué des deux Bodhisattvas porteurs d'offrande ou orants que nous avons
rencontrés déjà et signalés comme une partie essentielle des mandalas.

Bhaishajyaguru nous apparaît donc ici présidant au mandala de Kouan-yin avec une telle ordonnance qu'il
apporte, en somme, au Bodhisattva de Miséricorde son propre mandala. Au-dessous de lui, on voit un grand
cartouche dans lequel il y eut jadis une inscription. On y devine encore les traces d'une inscription tibétaine et
d'une inscription chinoise. J'ai pu y déchiffrer les noms de Bhaishajyaguru et de Samantabhadra. Si ces
éléments sont maigres, ils n'en mettent pas moins hors de doute l'identité du Buddha qui préside au mandala
de Kouan-yin.

De part et d'autre de ce cartouche, on voit à la gauche de Bhaishajyaguru et de la figure centrale de Kouan-
yin, Mañjuçrî monté sur le lion et à leur droite Samantabhadra monté sur l'éléphant. Tous deux sont
accompagnés d'une suite nombreuse. Un cornac indien guide le lion ou l'éléphant à six défenses, un Indien au
corps noir précède chaque Bodhisattva, portant un vase précieux ou une corbeille d'offrandes, des anges les
précèdent,³⁰ des Bodhisattvas les suivent et derrière ce cortège, deux à droite et deux à gauche, on voit apparaître
les Catur-Mahārājas, les quatre Rois qui président aux quatre points de l'espace. Enfin, au-dessus de chacun de
ces groupes, accroupis sur des nuages flottants, on voit une multitude de petits Bodhisattvas jouant le même rôle
que, dans d'autres mandalas, les groupes qui représentaient les Buddhas des dix directions de l'espace.

Nous avons déjà vu dans le mandala des quatre Kouan-yin (Ch. lv. 0023 ; Th. B., Pl. XVI) Mañjuçrî
et Samantabhadra apparaître dans le même appareil, montés sur le lion ou sur l'éléphant à six défenses. Ces deux
Bodhisattvas sont donc liés aussi bien à Bhaishajyaguru qu'à Avalokiteçvara. Il n'est pas étonnant, par conséquent,
de les voir si somptueusement évoqués dans un mandala où le Buddha de Médecine vient présider à la gloire du
Bodhisattva de Miséricorde. Ils constituent un lien entre l'un et l'autre que rapproche déjà leur caractère
rédempteur. Mais tous les renseignements que peut nous donner la peinture s'arrêtent là. La grave mutilation qui
l'a frappée nous prive de toute la partie inférieure où nous aurions trouvé, sans aucun doute, une figuration impor-
tante. Peut-être les photographies des fresques de Touen-houang dont M. Pelliot a annoncé la publication
nous livreront-elles toute entière l'ordonnance somptueuse de ce mandala d'Avalokiteçvara.

Une autre peinture (Ch. 0074) rappelle, par son style, celle je viens d'étudier. Les figures ont ce même