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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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figurer aussi en haut une rangée de Bodhisattvas, puis, au-dessous des dix Rois, une rangée de Kumāras et, enfin,
une rangée de démons.
Cette peinture, fort ancienne, n'est du reste pas japonaise. Les critiques japonais la croient coréenne, peut-
être chinoise. Elle rappelle étrangement, en tout cas, les peintures du Turkestan oriental.
La composition de Kshitigarbha présidant aux six gatis n'a pas toujours été exclusive de celle qui représente
Kshitigarbha au milieu des Rois infernaux. Sur une peinture de Touen-houang (Ch. lxi. 009; Th. B., Pl. XXXIX)
on voit Kshitigarbha siéger sur le lotus, portant le sistre et la boule mani; les bandes dans lesquelles sont figurées
les six gatis se développent de part et d'autre de l'auréole; en bas, par rangée de cinq, à droite et à gauche, en costume
chinois, siègent les dix Rois. Au-devant de l'autel, on retrouve l'orant et le lion que nous avons déjà signalés. Ici
les deux formes aujourd'hui connues des mandalas de Kshitigarbha s'entremêlent pour n'en plus former qu'une.
Avec les mandalas de Kshitigarbha nous avons achevé de passer en revue les mandalas de Bodhisattvas. Ils
nous sont apparus ici avec un caractère, une ordonnance et un développement qui ne le cèdent en rien aux
mandalas des Buddhas. Avalokiteçvara et Kshitigarbha s'y sont présentés dans une ordonnance telle qu'ils y
surpassent le caractère et l'importance qu'on pouvait leur attribuer. Ainsi ils nous démontrent qu'il fut un temps
où ils régnaient plus entièrement qu'aujourd'hui sur les âmes; dans toute l'autorité de leur passé, ils évoquent une
ferveur disparue.
X
Les Mandalas : les Comparses.
On a vu au chapitre II quels étaient les caractères généraux des mandalas. Ils se distribuent suivant un plan
d'ensemble à peu près invariable dans son ordonnance générale. Au milieu, la figure centrale, Buddha ou
Bodhisattva, flanqué de ses assistants qui, eux-mêmes, peuvent être accompagnés de leurs propres assistants. Tout
autour sont distribués des Bodhisattvas anonymes; les palais célestes se développent dans la partie supérieure de
la peinture; les eaux du fleuve céleste coulent sous les plateformes richement ornées qu'occupent les dieux.
Mais on a vu aussi que, dans ce personnel secondaire, certains assistants présentaient des particularités très
intéressantes et se retrouvaient dans des mandalas divers. C'est sur ce point qu'il y a lieu de revenir. Nous
avons à rapprocher ces peintures les unes des autres et à tirer de ce rapprochement des conclusions que leur étude
successive ne nous avait pas permis d'établir.
Nous pouvons constater tout d'abord la généralité de certaines figurations. Les Buddhas des trois époques
et des dix directions de l'espace figurent aussi bien dans les mandalas de Buddhas comme Amitābha (Ch. xlvii.
001) et Çākyamuni (Ch. liv. 004) que dans le mandala d'un Bodhisattva comme Avalokiteçvara (Ch. lvi. 0019
et Ch. lvi. 0014). Il est vrai que, dans le grand mandala sino-tibétain (Ch. xxxvii. 004, Pl. LIX; Th. B., Pl. III)
d'Avalokiteçvara présidé par Bhaishajyarāja, tous les Buddhas des dix directions sont remplacés par des Bodhi-
sattvas, ce qui est plus conforme à la nature de la divinité évoquée. Il n'en reste pas moins que nous avons, contre
cet exemple unique, deux exemples formels où nous voyons le Bodhisattva de Miséricorde appelant par son
rayonnement divin les êtres supérieurs de l'espace qu'il n'a pas encore égalés.
D'autres divinités dont l'évocation est, pour ainsi dire, générale et qui figurent presque obligatoirement dans
les mandalas, sont les Catur-Mahārājas. Les quatre Rois des quatre points cardinaux sont parfois au complet.
Parfois ils sont réduits à deux seulement. Dans ce cas, c'est Vaiçravana et Virūdhaka qui sont choisis de préfé-
rence. Ils évoquent toujours, en tout cas, la présence des deux autres. On les trouve au complet dans un
mandala d'Amitābha (Ch. xlvi. 008) et dans deux mandalas d'Avalokiteçvara (Ch. lvi. 0019 et lvi. 0014). On les
trouve au nombre de deux et, dans les deux cas, il s'agit de Vaiçravana et de Virūdhaka, dans un mandala
d'Amitābha (Ch. lii. 004, Pl. LXII) et dans un mandala de Maitreya (Ch. lviii. 001, Pl. LVIII). Dans ce dernier,
cependant, ils sont assistés chacun d'un Vajrapāni. On les retrouve au nombre de deux dans un mandala
d'Avalokiteçvara (Ch. 00102, Pl. LX). Mais il faut noter encore que dans un mandala du Bodhisattva de Miséricorde,
où ils figurent au complet et que j'ai déjà cité (Ch. lvi. 0014), ils sont accompagnés aussi des chen de ces quatre éléments.
Passons maintenant aux Bodhisattvas assistants. Avalokiteçvara et Mahāsthāma sont les acolytes bien définis
d'Amitābha. Aucune inscription ne nous permet de déterminer les Bodhisattvas assistants de Maitreya dans le
mandala où celui-ci apparaît sous la forme d'un Buddha. Aux côtés de Bhaishajyaguru, le Buddha de
Médecine, nous trouvons Samantabhadra et Mañjuçri (Ch. lii. 003, Pl. LVI, et Ch. liiii. 002, Pl. LVI); ce sont aussi
des assistants d'Avalokiteçvara (Ch. 0074; xxxvii. 004; lv. 0023). Nous trouvons Ākāçagarbha en qualité d'assistant
de Çākyamuni et il est probable que son partenaire n'est autre que Kshitigarbha. Sūryaprabha et Candraprabha
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