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| 0032 |
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 |
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mont Wei-lao-kiu-fou, ainsi que toutes les petites mon-
pression chinoise t'ie-wei sseu-yuan, t'ie-wei est le terme même qui, pour les
bouddhistes chinois, traduit le nom du Cakravāla, c'est-à-dire des deux chaînes
de montagnes qui sont à la périphérie de l'univers, et qui, entre elles deux,
abritent les enfers. Il paraît bien que les «cours» n'aient en elles-mêmes aucune
importance, et ne figurent ici que pour le rythme de la phrase de quatre mots;
elles disparaissent d'ailleurs quand, la deuxième fois, il n'est question que des
quatre enceintes; quant au nom d'«enceinte de fer», il a bien dû être amené par
un rapport de nature avec le Cakravāla. Il s'agirait donc dans le texte de Tourfan,
sous le nom de «quatre murs», d'une quadruple barrière, qui, entre ses quatre
plissements, laisserait naturellement place aux «trois fossés». Telle devrait
être aussi l'explication pour le chinois; mais que faire alors des «trois cala-
mités»? Il se pourrait que le texte fût fautif, et qu'au lieu de 三 灾 san-tsai,
il fallût lire 三 穴 san-hiue, les «trois fosses», qui correspondraient approxi-
mativement aux seh pārgēn. Enfin peut-être les fossés eux-mêmes ne sont-ils
pas sans rapports avec les enfers situés dans le plissement interne du
Cakravāla : ce serait là le tombeau préparé d'avance dont parle le Fihrist
(Flügel, Mani, p. 90), et où, quand toutes les parcelles de lumière auront
été dégagées du monde, l'obscurité s'engouffrera au terme de la troisième
«époque». Dans son récit de la création manichéenne, le Fihrist ne parle que
d'un seul fossé et d'un seul mur (cf. Flügel, Mani, p. 89) : «[L'ange créateur]
disposa tout autour du monde un fossé, pour y jeter l'obscurité qu'il voulait
séparer de la lumière. Derrière ce fossé, il édifia un mur afin que rien de
l'obscurité qui serait séparée de la lumière ne s'échappât.» Mais cette simpli-
fication ne devait pas être conforme à l'enseignement de Mâni, car le Fihrist
lui-même, en énumérant les œuvres de Mâni, nous apprend (Flügel, Mani,
p. 102) que le quatorzième chapitre du Livre des Secrets était intitulé : «Des
trois fossés»; il doit bien s'agir des «trois fossés» situés entre les «quatre
murs». Ces «quatre murs» ne paraissent pas devoir être confondus avec les
«murs» (τεῖχος) des cinq éléments, dont il est question dans les Acta Archelai
(chap. 13, p. 21) et qui habiteront dans la lune jusqu'à ce que le grand incendie
ait consumé le monde. Kessler (Mani, p. 116) a cru voir dans l'emploi du
mot «mur» une preuve en faveur de la rédaction première en syriaque des
Acta Archelai; «mur» proviendrait de la confusion du mot syriaque qui a ce
sens avec un autre mot syriaque qui signifie «protecteur». Mais les textes
pehivi de Tourfan parlent nettement des cinq «murs» (parīsp), composés des
cinq éléments lumineux, qui font partie du vaisseau (?) du soleil, et des cinq
«murs» identiques qui font partie de celui du dieu de la lune (māh yazd) [cf.
Müller, Handschr., 38-39, 99]. Il semble donc bien qu'on ne doive plus incri-
miner les «murs» des Acta Archelai. L'existence des «trois fossés» est donc
bien attestée dans la cosmogonie manichéenne; mais les «trois calamités»
existent dans le bouddhisme. Il y en a deux séries : les «trois grandes calamités»
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