National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0143 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / Page 143 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000257
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

« Salle des livres saints et des images, une (1).
« Salle de jeûne et d'explication, une.
« Salle d'adoration et de confession, une.

à l'article même qui est conservé ici, et qui portait le numéro V dans le ma-
nuel original, il a une réelle importance pour l'histoire du manichéisme. On
a longtemps cru que les manichéens n'avaient ni temples, ni idoles; c'est en-
core l'opinion de Baur (Das manich. Relig., p. 351). Mais le Fihrist parle
expressément de «temples» manichéens, et le mot qu'il emploie (ﻊﻴﺑ) est un
de ceux qui ont servi à désigner les églises chrétiennes; Flügel (Mani, p. 98,
324-326) en a déjà conclu que, sur ce point, le manichéisme oriental ne sui-
vait pas la même règle que celui d'Occident. Les fouilles de M. von Le Coq
dans la région de Tourfan ont en effet confirmé l'existence de chapelles mani-
chéennes. Dans les textes torcs de Tourfan, il est d'ailleurs question d'un bâti-
ment spécial, le ẑaidan, où on observe les jeûnes (cf. A. von Le Coq, Chuas-
tuanift, p. 37; Khuastuanift, p. 296, 306). M. F. W. K. Müller avait d'abord
simplement supposé une origine chinoise, et l'un de nous (Toung Pao, II, XII,
97) a émis l'idée que ẑaidan pouvait représenter 齋堂 tchai-t'ang, et serait
par suite l'équivalent du 齋講堂 tchai-kiang-t'ang, nom donné au deuxième
des cinq bâtiments du monastère manichéen dans le texte que nous traduisons
ici. L'expression tchai-t'ang, désignant le réfectoire des moines, existe dans la
langue du bouddhisme chinois, où les manichéens chinois ont pris beaucoup
de leur vocabulaire religieux; elle est donnée dans le dictionnaire de Giles. La
transcription serait très régulière sans la finale (t'ang = *daŋ), pour laquelle
on attendrait en transcription dang ou dô, mais non dan. Aussi M. Müller
doit-il avoir raison de supposer dans sa dernière publication (Uigurica, II,
p. 93) que l'emprunt fut vraisemblablement fait sur une autre forme, 齋壇
tchai-t'an (*ẑai-dan), mot à mot «autel de jeûne», qui existe dans le taoïsme,
et est assez connue pour être mentionnée également dans le dictionnaire de Giles.
Le ẑaidan ne serait en tout cas qu'un des bâtiments du monastère; notre texte
est seul à donner une énumération complète de ces bâtiments. Le chiffre de
cinq salles ne doit pas être fortuit; c'est une nouvelle application des catégories
quinaires dans le manichéisme. Dans le texte historique n° III, on verra qu'en
719, le grand mou-chô venu à la cour de Chine obtint de l'empereur l'auto-
risation de construire un 法堂 fa-t'ang, «salle de la loi», c'est-à-dire un
temple; en 768, 771, il est encore question de l'érection de temples mani-
chéens. Peut-être le terme de ẑaidan a-t-il survécu jusqu'à l'époque mongole et
se retrouve-t-il dans le ﻥاﺪﻴﺟاﺮﻳا Ariqan-ẑaidan que cite Rachid ed-din
(cf. Blochet, Histoire des Mongols, Texte, t. II, p. 565, et Appendice, p. 58,
où l'éditeur propose une explication différente).