国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0275 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
中国で発見されたマニ教に関する概論 : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / 275 ページ(白黒高解像度画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000257
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

transformer, se « chinoiser ». Dans l'état actuel de nos con-
naissances, le manichéisme véritable, celui qui pouvait faire
des prosélytes parmi la population chinoise, mais dont le haut
clergé devait venir tout entier du dehors, paraît bien avoir
succombé sous l'édit proscripteur de Wou-tsong en 843.

De 745 à 840, l'Empire ouigour avait eu son centre sur les
bords de l'Orkhon, et l'hégémonie de ses armées s'étendait de
l'Ili au Fleuve Jaune, arrêtée seulement vers le Sud à hauteur
des Monts Célestes par l'Empire tibétain. Après les catastrophes
de 840-843, les tribus ouigoures qui avaient échappé à la mau-
vaise fortune du qaghan Wou-kiai étaient allées fonder des éta-
blissements indépendants en divers points d'Asie centrale; les
deux groupes principaux furent ceux des Ouigours de 甘 州
Kan-tcheou au Kan-sou et des Ouigours de Kao-tch'ang à l'est
de Tourfan. L'existence du manichéisme nous est attestée
chez tous les deux.

En ce qui concerne les Ouigours de Kan-tcheou, il n'est
pas certain que le manichéisme ait longtemps prédominé parmi
eux. Ces Turcs étaient environnés de bouddhistes chinois et
tibétains; les manuscrits de Touen-houang nous montrent,
juste avant l'arrivée des Ouigours et au temps de la domination
tibétaine, un groupe de traducteurs bouddhiques florissant
à Kan-tcheou. Sur les cartouches des panneaux bouddhiques
dans le Ts'ien-fo-tong de Touen-houang, il est question
à plusieurs reprises du « qaghan céleste des Ouigours de Kan-
tcheou ». Tout récemment, on a retrouvé dans les montagnes
du Kan-sou méridional un texte bouddhique en turc, copié
aux alentours de l'an 1700, et qui provient de chez les Sary-
ouigours, derniers descendants des Ouigours de Kan-tcheou.
Le manichéisme dut céder peu à peu chez ces Turcs que les
bouddhistes pressaient de toutes parts, mais c'est bien le mani-
chéisme qu'ils avaient apporté avec eux au milieu du IXe siècle.