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0284 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / Page 284 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000257
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jade; les maîtres manichéens de son royaume offrirent en
présent deux bouteilles de verre et une pièce de brocart des
Hou.» 建隆二年十二月。聖天遣使貢圭一。以玉
爲柄。玉枕一。本圖麼(1)尼師貢琉璃瓶二。胡錦
一段。

Ce témoignage relatif aux manichéens de Khotan serait tout
à fait isolé s'il ne paraissait pas possible de le relier aux indi-
cations que donnent certains auteurs musulmans sur le mani-
chéisme du «Tibet». Les écrivains occidentaux modernes ont
fait parfois une large place au «manichéisme tibétain». En
1877, Dabry de Thiersant écrivait(2): «Le manichéisme n'a
pas fait beaucoup de prosélytes en Chine; il n'en a pas été de
même au Tibet. Ainsi, il paraît constant que Tsouchava [sic],
le fondateur du lamaïsme moderne, était, dans l'origine, un
prêtre manichéen, né dans une ville Tangouth. La religion,
dont le Dalaï-lama est le pontife, ne semble être qu'un mé-
lange de samanéisme et de manichéisme.» Encore en 1893,
le P. Gaillard (Croix et Svastika, p. 88-89) empruntait à
Georgi l'image de la «crucifixion manichéenne» du Népal, où
le Jésus patibilis apparaîtrait sous des feuillages («erigunt...
cruces amictas abrotono»). Georgi est l'auteur responsable de
ces fantaisies. En 1707 ou 1708, une mission de capucins
s'était installée à Lhasa; elle en fut expulsée, après une exis-
tence assez mouvementée, dès 1745; une branche de la mis-
sion se maintint au Népal jusqu'en 1769(3). Un jésuite qui
avait résidé à Lhasa de 1715 à 1721, le P. Desideri, nous a
laissé du pays et des habitants une description fort raison-
nable(4). Mais une partie des papiers de la mission capucine