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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0285 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
中国で発見されたマニ教に関する概論 : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / 285 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000257
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OCR読み取り結果

arriva aux mains d'un augustin de Rome, le P. Georgi. Entre
temps, le pasteur de Beausobre avait publié, en 1734, son
Histoire de Manichée, dont un second volume, posthume,
parut en 1739. Le P. Georgi ne vit dans l'œuvre de de Beau-
sobre qu'un édifice de calomnies dirigées contre son patron
saint Augustin. Or les capucins avaient signalé certaines pra-
tiques lamaïques comme une sorte de parodie démoniaque
du culte chrétien. Le P. Georgi avait beaucoup lu, mais il
manquait de mesure et parfois de bon sens. De Guignes venait
de proclamer que, dès le 1er siècle de notre ère, le chris-
tianisme était arrivé en Chine; il le suivait en Extrême-Orient
presque de siècle en siècle(1). Avec les données de de Guignes,
les papiers des capucins, force copte et pas mal d'hébreu, et,
brochant sur le tout, une solide aversion pour de Beausobre,
le P. Georgi construisit à son tour une énorme machine de
guerre, l'Alphabetum tibetanum, qui parut à Rome, l'an de
grâce 1762, en un in-quarto de 94 plus 820 pages; il y était
démontré que le bouddhisme, et en particulier le lamaïsme,
n'était rien autre que l'hérésie de Màni, et, à la honte de
de Beausobre, que toutes les pratiques et croyances mani-
chéennes dénoncées par saint Augustin y étaient attestées
expressément. Dans cet amas déconcertant de faits mal inter-
prétés, d'étymologies extravagantes, presque rien n'est à
recueillir aujourd'hui(2). Les explications de Georgi en matière
de dogme ou de linguistique sont aussi caduques que les
hypothèses de de Guignes en matière d'histoire. Jusqu'au dé-
but du VIIe siècle, le Tibet proprement dit reste fermé aux influ-
ences étrangères. Le bouddhisme qu'il reçoit ensuite est bien le