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0290 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
中国で発見されたマニ教に関する概論 : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / 290 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000257
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OCR読み取り結果

voyage de K'ieou Tch'ou-ki, l'archimandrite Palladius s'est
étonné à bon droit de cette mention de taoïstes en pays
ouigour, et s'est demandé si K'ieou Tch'ou-ki ne s'était pas
trompé de quelque façon. A nous aussi, il semble à peu près
invraisemblable qu'il y ait eu, tout au moins à cette époque,
des taoïstes du côté des T'ien-chan. Mais n'oublions pas que le
taoïsme et le manichéisme n'étaient pas sans de sérieuses affi-
nités. En Chine même, les deux religions avaient quelque peu
fusionné. On a vu plus haut comment le taoïsme s'était appro-
prié, dans le Houa hou king, certaines données essentielles et
caractéristiques du manichéisme. Nous montrerons plus loin
comment des traités purement manichéens furent même incor-
porés pour un temps au Canon taoïque. Une solution s'offre
dès lors, qui nous paraît avoir de grandes chances d'être la
bonne : ces moines «taoïstes», égarés en pays ouigour, et
dont les costumes et les coiffures différaient si fort de ceux
des vrais taoïstes de Chine, ce devaient être simplement des
religieux manichéens.

Le manichéisme véritable paraît ainsi avoir duré au Turkes-
tan chinois jusque dans le courant du XIIIe siècle, mais en
Chine même, isolé depuis la proscription de 843, privé des
échanges incessants qui le maintenaient en contact avec les
représentants iraniens de la doctrine, il paraissait appelé à une
prompte disparition(1). Il résista cependant, et vécut. Seulement,