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0296 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / Page 296 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000257
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t'ong ki, ne s'est pas trompé en attribuant à des manichéens,
deux siècles et demi après l'événement, la révolte de 920.
Mais Tche-p'an n'est qu'un compilateur, et il est presque sûr
a priori qu'il n'a pas inventé son renseignement. Dans le cas
présent, nous pouvons même dire où il a puisé. L'un de nous
a noté, il y a quelques années, que les renseignements de
Tche-p'an sur Wou Yi, avec la qualification de manichéen, se
trouvaient déjà au chapitre 3 du 僧史略 Seng che lio. Or
le Seng che lio a été écrit par le moine Tsan-ning dans la
deuxième moitié du xᵉ siècle, cinquante ans après la révolte de
Wou Yi⁽¹⁾. Malheureusement l'œuvre de Tsan-ning manque à
nos bibliothèques, et nous ne pouvons par suite reproduire le
texte original. Mais il n'y a pas de raison pour révoquer en
doute ce témoignage presque comtemporain.

La révolte de 920 nous montre les manichéens participant
à une agitation politique; un demi-siècle plus tard, un autre
texte les fait apparaître comme se livrant à la magie et aux
exorcismes. Ce texte se trouve dans le 稽神錄 Ki chen lou,
recueil d'anecdotes merveilleuses rédigé dans la seconde moi-
tié du xᵉ siècle par un lettré célèbre, 徐鉉 Siu Hiuan⁽²⁾. Siu
Hiuan raconte qu'un démon s'était installé dans une famille,
et ajoute [Texte XLIII]⁽³⁾ : « Il y avait alors des gens qui excel-
laient dans les pratiques démoniaques et qu'on appelait [les