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0302 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / Page 302 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000257
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cinquante et unième est celle [**Texte XLV**] des 摩底外道,
«hérétiques de Mo-ti». La proximité même du christianisme
nestorien tend à faire supposer ici une faute de texte, et il nous
paraît probable qu'on doive lire 尼 *ni* au lieu de 底 *ti*; il s'agi-
rait des «hérétiques de Mo-ni», des manichéens.

Les taoïstes ne sont pas seuls à mentionner le manichéisme
au temps des Song. La secte chinoise issue de la doctrine de
Màni était assez vivante et comptait assez d'adeptes pour avoir
attiré l'attention d'écrivains profanes. Il est probable que, dans
les copieux recueils de «miscellanées» laissés par les lettrés de
cette époque, on trouvera encore certaines mentions qui nous
ont échappé. Dès à présent, il nous est possible de citer deux
auteurs célèbres, 洪邁 Hong Mai (1123-1202) et 陸游
Lou Yeou (1125-1209), auxquels nous devons le plus clair
de nos renseignements sur le manichéisme chinois dans la
deuxième moitié du XIIe siècle.

Le texte de Hong Mai ne nous est pas parvenu, ou tout au
moins ne nous est pas connu, directement. Il se trouvait dans
le 夷堅志 *Yi kien tche*, œuvre considérable en 420 chapitres,
dont il subsiste seulement, sous la forme première, quatre
sections comprenant 80 chapitres; il y a en outre un ancien
abrégé de l'œuvre entière, qui est en 50 chapitres⁽¹⁾. Peut-être
le texte relatif aux manichéens se trouve-t-il dans cet abrégé,
que nous n'avons jamais pu consulter⁽²⁾. Pour l'instant, il ne
nous est connu que pour être reproduit au chapitre 48,