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0306 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / Page 306 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000257
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Buddha, le deuxième Buddha, les troisième, quatrième, cin-
quième Buddha, ils considèrent [ce Buddha blanc] comme le
cinquième Buddha, et l'appellent aussi Mo-mo-ni (Mâr Mâni) (1).

caractérise un emprunt manichéen possible. On ne peut même essayer d'en
sortir en supposant que les manichéens avaient adopté dans leurs textes la for-
mule : «S'adressant au Buddha, [il] dit : «O Vénérable du monde !...» Nous
savons en effet de manière certaine, par l'ensemble de nos textes historiques,
que, du VIIIe siècle jusqu'à la fin du XIVe, les manichéens chinois employaient
une expression copiée sur che-tsouen, mais qui n'était pas che-tsouen. Che-
tsouen, «Vénérable du monde», est la traduction bouddhique usuelle de bha-
gavat, «bienheureux». Sur che-tsouen, les taoïstes ont fabriqué leur t'ien-tsouen,
«Vénérable céleste», et les manichéens, à leur tour, ont adopté ming-tsouen,
«Vénérable de la Lumière». Il faut donc chercher ailleurs. La phrase précédente
dit que le «buddha» (fo) qu'adorent les manichéens a un vêtement blanc
(pai). Dans la formule empruntée aux sûtra, le mot qui précède «buddha»
(fo) est ce même mot pai, qui a là le sens de «s'adresser à», mais dont le
sens primitif est «blanc». Il nous semble qu'on a considéré pai-fo comme signi-
fiant «Buddha blanc», au lieu de «s'adresser au Buddha». La méprise est
étrange, presque invraisemblable, mais nous ne trouvons que cette solution
désespérée pour rendre compte de la citation.