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0167 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / Page 167 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000257
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[133] ——+>( 157 )<+——

Le *Eul tsong king* et le *San tsi king*.

Le fragment manichéen de Paris nous a montré que le pre-
mier stade de l'initiation pour un futur religieux manichéen
était l'intelligence du sens des «deux principes» (二宗 *eul-
tsong*), lesquels sont la Lumière (明 *ming*) et l'Obscurité
(暗 *ngan*), et la connaissance des «trois moments» (三際
*san-tsi*), lesquels sont le «moment initial», le «moment mé-
dian» et le «moment postérieur». Le *Houa hou king* connaît
également les «deux principes» et les «trois moments» de Mâr
Mâni. Déjà le traité de Pékin avait parlé du «sens des deux
principes»(1). Au XIe siècle, un texte de Hong Mai (nº XLVI)
donne des «deux principes» la même définition que le frag-
ment de Paris, et explique de manière analogue les «trois
moments» comme «le passé», «le présent» et «l'avenir».
L'inscription de Karabalgasoun, qui doit se placer entre 808
et 821, parle des «deux sacrifices» et des «trois moments»
(nº IX). La première mention certaine du manichéisme se rap-
porte à l'arrivée d'un *fou-to-tan* persan qui, en 694, fait con-
naître à la capitale le *Eul tsong king* ou *Livre des deux principes*
(texte nº II). Une préface du *Yun ki ts'i ts'ien* (nº XLIV) men-
tionne l'incorporation d'ouvrages de Mâni au *Canon taoïque* dans
les premières années du XIe siècle; au XIIe siècle, Hong Mai spé-
cifie (nº XLVI) que ces ouvrages étaient le *Eul tsong king* et
le *San tsi king*. D'un texte de 1237-1240, nous pouvons con-
clure que le *Eul tsong king* était nommément condamné dans
le *Code des Song* (nº XLIX). Enfin l'existence du *San tsi king*
sous les T'ang nous est confirmée par sa mention inattendue,
et sûrement injustifiée, dans la liste d'ouvrages chrétiens qui
suit l'*Éloge de la Sainte Trinité* retrouvé par l'un de nous à