National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0287 |
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 |
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du Tibet suivent, comme les Qalmaq, la religion de Mâni; on
trouve cependant parmi eux des adorateurs du feu"; on lit
dans un autre passage : « Il faut trois mois pour parcourir le
Tibet. La capitale se nomme Lambeh, c'est la ville des Qalmaq
et la résidence des Lamas. Quelques personnes prétendent
que le tombeau du peintre Mâni est dans cette ville(1). » Le
traducteur de l'ouvrage, Ch. Schefer, a fait remarquer en note
que Mâni était la corruption du mot Sakamuni (Çâkyamuni),
« qui désigne Buddha dans les auteurs persans »; dans la ville
de « Lambeh », il a proposé de reconnaître [Tachi-]loumbo
(bKra-çis-lhun-po), et le « tombeau du peintre Mâni » serait le
mausolée du « Teshoo-lama ». Il est bien certain qu'une confu-
sion s'est produite dans l'esprit de l'auteur persan, et la res-
semblance de Mâni et de muni en semble en partie respon-
sable; nous verrons plus loin que la même confusion s'est
produite en Chine, mais en sens inverse, dès le temps des
Song. Seulement Mir Abd-ul Karim Bukharî était un savant,
qui connaissait les traditions relatives à Mâni. Le qualificatif
de « peintre » qu'il lui applique ne permet pas de douter qu'il
ait bien en vue Mâni et non Çâkyamuni(2). Si, sur l'analogie
phonétique des deux noms, il a fait des tibétains lamaïstes
des manichéens, c'est qu'il était question ailleurs, dans des textes
musulmans plus anciens, de l'existence du manichéisme au
« Tibet ». C'est à ces textes anciens que remontent, directement
ou indirectement, la mention des adorateurs du feu qui vivent
au « Tibet » à côté des manichéens, et l'épithète de peintre
donnée à Mâni; l'auteur leur a maladroitement amalgamé les
notions modernes des Qalmaq, de la ville de « Lambeh » et des
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