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0348 Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1
Un traité manichéen retrouvé en Chine : vol.1 / Page 348 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000257
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Mais même à laisser provisoirement de côté cette sorte de
rayonnement du manichéisme au dehors et son action sur
d'autres doctrines, sa fortune propre nous apparaît dès à pré-
sent en Asie centrale et en Chine singulièrement plus grande
que les textes recueillis jusqu'ici ne le laissaient soup-
çonner.

Introduite en Chine par des Iraniens en 694 et en 719, la
religion de Mâni dut sans doute de s'implanter d'abord dans
la Chine du Nord à la présence de nombreux commerçants
étrangers que la politique victorieuse et libérale des T'ang atti-
rait à la Cour de Si-ngan-fou. Sa cosmogonie épique, les ta-
lents astrologiques de ses prêtres(1) firent impression sur le
peuple. Ce fut ensuite un coup de fortune inespéré de convertir
le qaghan ouigour en 763. Solidement établi en Mongolie,
tour à tour adversaire et protecteur des empereurs chinois,
détesté, mais toujours craint, le qaghan fut un peu le Constan-
tin et le Clovis de sa foi nouvelle. Sans doute, l'appui du qa-
ghan, en créant une sorte de solidarité entre les Ouïgours et le
manichéisme, n'allait pas sans danger. La ruine de l'Empire
ouigour en 840-841 parut sonner en Chine le glas de la foi
étrangère. L'événement montre cependant que le manichéisme
avait dès ce moment poussé en Chine des racines assez fortes
pour résister et survivre à la persécution. Son principe dua-
liste, la base quinaire de ses catégories s'accordaient en gros