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| 0109 |
Dix Inscriptions Chinoises de l'Asie Centrale : vol.1 |
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rouge¹ fût à moitié renversée. Comment aurait-il pu permettre que, devant
les trônes précieux, la poussière fût introduite par le vent de la forêt; que l'en-
droit des incinérations² fût exposé aux ardeurs du soleil³ (venant) des hautes
montagnes? Au sud du chemin de la montée, il y avait encore trois grottes ap-
partenant à cette famille; jusqu'à maintenant d'ailleurs, on les avait entretenues;
les caractères tchoan-tcheou⁴ écrits sur une belle pierre avec de l'or en pâte
étaient bien conservés. Alors donc il engagea de bons artisans; il rechercha
les bois de saule et de catalpa dont ils avaient besoin; il acheta des matériaux
et fit mouvoir les haches. Les cent murs furent soudain achevés, comme si
Pan Chou⁵, du royaume de Lou, se fût occupé en personne de ce succès. Le
vaste édifice qui s'élève jusqu'aux nuages et aux lueurs du soir, les escaliers
乃得玉毫朗耀。Elle obtint le bril-
lant éclat des poils de jade⁶. Le P'ei wen
yan fou cite un certain Tchang Tsi qui
écrit: 玉毫不著世間塵。輝映
分明十八身。«Les poils de jade ne
se couvrent pas de la poussière du monde;
l'éclat qu'ils réfléchissent se distribue sur
les dix-huit personnes (les statues des dix-
huit Arhats) et les illumine». Stanislas
Julien (Mémoires de Hinen-tsang, t. I,
p. XLII) voyait dans les poils de jade l'ûrya
ou touffe de poils blancs 白毫 placée
entre les sourcils du Buddha. Cette opi-
nion est confirmée par le I ts'ie king ya i
de Hoei lin (Trip. jap., vol. XXXIX, p. 83 v°)
qui dit, à propos de l'expression 玉毫:
«La vraie forme du mot hao est composée
avec 毛: les poils de jade sont les poils
blancs qui sont entre les sourcils du Ta-
thâgata» 正體從毛作毫言玉毫
者如來眉間白毫毛也. Quant à
l'interprétation de M. Schlegel (La loi du
parallélisme en style chinois, p. 9-11), qui
voit dans les poils de jade des pinceaux
précieux, elle est, malgré l'assurance avec
laquelle son auteur la présente, absolument
inadmissible.
¹ Des citations du P'ei wen yan fou il
résulte que dans plusieurs temples il y avait
une tour appelée la tour rouge 紅樓.
² 茶毗之所. Les mots l'ou-pi sont
la transcription du pâli jhâpeti (sanscrit
kṣapayati) «brûler». Cf. J. Takakusu,
Journ. of the Roy. As. Soc., July 1901,
p. 457, n. 1.
³ 陽鳥 «la corneille du yang»; cette
expression désigne le soleil, car le soleil
est l'essence du principe yang et on voit
sur son disque une corneille à trois pattes
qui le symbolise.
⁴ Tcheou, grand historiographe des
Tcheou, passe pour être l'inventeur des
grands caractères tchoan.
⁵ 班輸 Pan Chou désigne ici Kong-chou
tse Lou Pan 公輸子魯班, qui se
rendit célèbre dans le pays de Lou par son
habileté dans les arts mécaniques; certains
commentateurs le regardent comme le fils
du duc Tchao (541-510 av. J.C.) de Lou;
d'autres considèrent Kong-chou tse et Lou
Pan comme deux personnages différents.
Kong-chou tse est mentionné dans Mencius,
IV, a, 1, Legge, C.C., II, p. 164 et dans
le Li-ki, chap. T'an kong, Legge, S.B.E.,
vol. XXVII, p. 184. Lou Pan est aujour-
d'hui en Chine le dieu des charpentiers.
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