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0230 Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1
Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1 / Page 230 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000256
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rupture sont faciles à discerner. Tandis que Che-tie-mi (Istämi) avait trans-
mis son pouvoir à son fils Ta-t'eou qui eut un règne fort long puisqu'il
apparaît encore sur la scène de l'histoire en l'an 603¹), T'ou-men, mort
en 552, avait eu pour successeurs ses trois fils qui régnèrent l'un après
l'autre, K'o-lo (552), Mou-han (553—572) et T'o-po (572—581); à la
mort de ce dernier, la situation était fort embarrassée, puisque les fils des
trois derniers souverains avaient des droits égaux au trône. Ce fut Che-l'ou,
ou Cha-po-lio, fils de K'o-lo, qui l'emporta; Ta-lo-pien, appelé aussi A-po,
fils de Mou-han, se trouva lésé dans ses droits et ne tarda pas à entrer en
contestation avec le nouveau prince; attaqué par lui, il alla se réfugier
auprès de Ta-t'eou, kagan des Turcs occidentaux. Les Chinois cependant
surveillaient avec attention ces péripéties; pratiquant leur maxime favorite
de diviser pour commander, ils jugèrent le moment bien choisi pour pré-
cipiter les événements; leurs émissaires leur remontraient en effet que
Ta-t'eou était en réalité plus puissant que Cha-po-lio, le jeune chef des
Turcs septentrionaux, et qu'il supportait impatiemment d'avoir à le recon-
naître pour suzerain; il suffisait d'encourager ses velléités de révolte pour
qu'elles prissent corps²). Le gouvernement chinois fit donc des ouvertures
à Ta-t'eou; il lui donna un guidon surmonté d'une tête de loup, emblème
de l'autorité suprême sur tout le peuple turc dont le loup était le totem³);
il affecta de reconnaître à ses envoyés la préséance sur ceux de Cha-po-lio.
Fort de cet appui, Ta-t'eou se révolta; puis, lors d'un voyage que l'empe-
reur fit en 584 dans le Kan-sou, il vint lui exprimer sa soumission⁴). Plus
tard, lorsque Ta-t'eou fut devenu à son tour trop puissant et prétendit à
l'hégémonie sur l'ensemble des tribus de race turque, les Chinois soutinrent
au contraire un chef des Turcs septentrionaux pour le lui opposer; ils pra-
tiquèrent ainsi constamment une politique de bascule grâce à laquelle ils
réussirent à maintenir jusqu'à la fin entre ces frères ennemis la mésintel-
ligence dont ils avaient été les instigateurs. Cette désunion, il faut le