National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0258 Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1
Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1 / Page 258 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000256
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

parmi les Turcs. Un certain Touroum (Τουρούμ), qui était apparenté au
kagan, fomenta une révolution et rassembla de grandes forces; après que
l'usurpateur eut remporté l'avantage dans le combat, le kagan envoya des
émissaires auprès de trois autres grands kagans qui se nommaient Sparzeugoun, Kounaxola et Touldikh (Σπαρζευγοὺν καὶ Κουναξολὰ καὶ Τουλδίχ);
toutes les troupes ayant alors été rassemblées et mises en bataille dans la
région d'Ikar (εἰς τὸ Ἰκάρ), région qui se trouve dans de vastes plaines, et
les ennemis ayant lutté héroïquement dans ce lieu, l'usurpateur tomba et
les armées qui combattaient avec lui firent volte-face pour s'enfuir; après
un grand massacre, le kagan redevint maître de son propre territoire. Le
kagan informa par ambassadeurs l'empereur Maurice de ces succès.

«L'Ikar est à quatre cent milles de distance de la montagne qu'on
appelle la montagne d'or¹). Cette montagne-là est située dans la direction
du soleil levant, et si elle est nommée montagne d'or par les indigènes, c'est
d'une part à cause de l'abondance des fruits qui s'y produisent, et d'autre
part à cause des troupeaux et des bêtes de somme qui y trouvent leur entretien. C'est une loi chez les Turcs qu'on doit céder le mont d'or au kagan
le plus puissant. La nation des Turcs le vante de deux choses fort importantes; ils disent en effet que, dans cette région, ils n'ont jamais vu dès les
temps les plus anciens la moindre épidémie contagieuse se produire et que
les tremblements de terre y sont rares. Au contraire, Bakath (Βακάθ) où
les Ounnougoures avaient autrefois édifié une ville, s'était effondrée sous les
tremblements de terre, et, quant à la Sogdiane, elle souffrait des maladies
contagieuses et des tremblements de terre.

«Les Turcs tiennent le feu en honneur d'une manière très extraordinaire; ils vénèrent aussi l'air et l'eau; ils célèbrent la terre; mais ils
n'adorent et n'appellent dieu que l'auteur seul du ciel et de la terre; ils lui
sacrifient des chevaux, des bœufs et des moutons, et ils ont des prêtres
qui leur paraissent prédire l'avenir.

«Dans ce même temps, les Tarniakh (Ταρνιάχ) et les Kotzagères
(Κοτζάγηροι)²), qui étaient eux aussi issus des Ouar et des Khounni (Οὐάρ
καὶ Χουννί), s'enfuirent loin des Turcs, et, étant venus en Europe, se rattachèrent à ceux qui dépendaient du kagan des Arabes. On dit que les
Zabender (Ζαβενδέρ) aussi sont de la race des Ouar et des Khounni. On
évalue à dix mille hommes le renfort qui vint ainsi s'ajouter aux Avares.