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0127 Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1
Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1 / Page 127 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000256
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poursuite à fond pendant six cents li; le roi, n'ayant plus d'autre parti à
prendre, se renferma dans la ville de Po-hoan (Yaka-aryk)¹); (A-che-na)
Cho-eul l'y assiégea; au bout d'un mois, il s'empara du roi, ainsi que de
Kie-lie-tien. Le conseiller (du roi), Na-li, s'était esquivé pendant la nuit;
réunissant les Tou-kiue occidentaux aux gens du pays, il vint avec plus de
dix mille hommes livrer bataille; Kouo Hiao-k'o et son fils trouvèrent la
mort dans le combat; les soldats impériaux furent jetés dans le désordre.
Le ts'ang-pou-lang-tchong Ts'oei I-k'i appela les soldats à la bataille; de
l'intérieur de la ville, (Ts'ao) Ki-chou et (Han) Wei le secondèrent dans
l'attaque; on coupa trois mille têtes; Na-li fut vaincu; il réunit les fuyards
dispersés et se remit en campagne; il revint attaquer à l'improviste les
troupes impériales; (Ts'ao) Ki-chou triompha de lui et coupa huit mille têtes.
Na-li s'enfuit; des gens s'emparèrent de lui et l'amenèrent au camp.

(A-che-na) Cho-eul détruisit en tout cinq grandes villes avec plusieurs
myriades d'hommes et de femmes²); il envoya des émissaires pour exhorter
à se soumettre plus de sept cents petites villes. Les contrées d'occident
furent saisies de terreur; les Tou-kiue occidentaux et les royaumes du
Ngan-si³) firent parvenir des vivres à l'armée.

(A-che-na) Cho-eul mit sur le trône Che-hou (jabgou), frère cadet du
roi, pour qu'il régnât sur ce pays; il grava une stèle pour commémorer ses
exploits et envoya une lettre pour en informer la cour. L'empereur en fut
content, et, en plaisantant, dit en présence de ses officiers rassemblés: «La
joie est de plusieurs sortes, comme j'ai accoutumé de le dire: faire des
murs de terre et chevaucher sur des bambous, c'est la joie des enfants; se
parer d'or, de pierreries, de gaze et de soies légères, c'est la joie des
femmes; trafiquer pour transporter des denrées des régions qui les pro-
duisent dans celles où on ne les trouve pas, c'est la joie des marchands;
avoir de hautes fonctions et de grandes dignités, c'est la joie des hommes
supérieurs et des grands officiers; combattre un ennemi qui ne remporte
pas l'avantage, c'est la joie des généraux et des chefs; que les quatre mers
jouissent du calme et de l'unité, c'est la joie des empereurs et des rois;
c'est actuellement ma joie». Alors il offrit à boire à tous.

Auparavant, lorsque (Kouo) Hiao-k'o avait attaqué Yen-k'i (Ka-
rachar) (en 644), il y avait à K'ieou-tse un bouddhiste habile à calculer