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0237 Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1
Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1 / Page 237 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000256
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On pourrait être tenté identifier ce kagan avec Mou-han qui, au dire des Chinois, triompha des Hephthalites¹), et qui régna de 553 à 572. Mais Mou-han était kagan des Turcs septentrionaux, et, comme tel, il était le chef suprême de tous les Turcs, puisque les occidentaux reconnaissaient alors la suzeraineté des septentrionaux; on peut donc lui faire honneur de tous les succès remportés sous son règne, sans qu'ils les ait pour cela obtenus en personne. Nous avons d'ailleurs le moyen de déterminer avec précision qui était Silziboul; ce personnage en est en effet mentionné trois fois encore dans Ménandre sous le nom de Dilziboul; nous apprenons ainsi que, lors de l'ambassade de Valentin en 576, Dilziboul, père de Tourxanth²), venait de mourir; il ne peut donc être identique à Mou-han dont le décès remonte à l'année 572; mais, en outre, Tourxanth était le frère consanguin de Tardou³) lequel est certainement le Ta-t'eou des Chinois⁴); on en conclut nécessairement que Dilziboul, père de Tardou, n'est autre que Che-tie-mi (Istämi), père de Ta-t'eou. On peut aller plus loin et montrer que le nom de Dilziboul ou Silziboul convient effectivement à Istämi: dans le nom écrit Silziboul par Ménandre, et Sindjibou par Tabari, nous trouvons une partie Ziboul ou Djibou qui est l'équivalent exact

三 可 汗 以 十 萬 騎 會 之; le commentaire ajoute que Ti-t'eou kagan gouvernait l'orient et Pou-li kagan l'occident, tandisque Mou-han résidait dans les mots Tou-tin. On voit d'où est provenue l'erreur de de Guignes qui a fondu deux personnages en un seul et qui a fait de Ti-t'eou kagan et de Pou-li-kagan ce fameux Ti-t'eou-pou-li qui n'a que le seul tort de n'avoir jamais existé. — Abel Rémusat (Recherches sur les langues tartares, tome I, p. 320, n. 2) n'a guère été plus heureux quand il a prétendu reconnaître Dizaboul dans un certain «Tan-no-pou-li, Kho-han ou gouverneur pour Tha-po dans les pays occidentaux». Le nom de Tan-no provient du texte fautif de Ma Touan-lin (chap. CCCXLIII, p. 4 v°) qui écrit Tan-neou 但 稬 le nom qui doit s'écrire Jou-tan 褥 但; en outre, Abel Rémusat n'a pas remarqué que le titre de Pou-li kagan avait été conféré au fils de Jou-tan et non à Jou-tan lui-même; voici en effet comment est conçu le texte du Soei chou, (chap. LXXXIV, p. 1 v°): 佗 鉢 以 橘 圖 爲 爾 伏 可 汗 統 其 東 面 又 以 其 弟 褥 但 可 汗 子 爲 步 離 可 汗 居 西 方. «T'o-po donna à Che-t'ou le titre de Eul-fou kagan pour qu'il gouvernât la région orientale de ses états; en outre il donna au fils de son frère cadet Jou-tan kagan le titre de Pou-li kagan et le fit résider dans l'ouest». Tan-no-pou-li est donc un personnage aussi fictif que Ti-t'eou-pou-li. — Je n'écris point ceci dans l'intention de dénigrer de Guignes et Rémusat qui furent pour leur temps de très grands savants; mais il importait d'en finir avec des identifications absurdes qui encombrent depuis trop longtemps le terrain de la science.