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0245 Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1
西突厥(テュルク)に関する文献 : vol.1
Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1 / 245 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000256
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OCR読み取り結果

d'esprit subtil et qui comprit qu'on s'était débarrassé traîtreusement de ses
gens; il en conçut une vive irritation et c'est à partir de ce moment que
les Turcs et les Perses furent en inimitié.

Maniach profita de ces dispositions de son suzerain pour lui proposer
de chercher chez les Romains le débouché que lui refusaient les Perses; il
s'offrait lui-même à se charger de cette mission. Le kagan ayant accédé
à son désir, il se mit en route, et, après un long voyage, il traversa le
Caucase¹) et parvint à Byzance au commencement de la quatrième année
de Justin, c'est-à-dire dans les derniers mois de l'année 567. Il apportait
à l'empereur les félicitations de son prince, des présents considérables de
soieries et une lettre en caractères scythiques que l'empereur Justin se fit
lire par le moyen d'interprètes; il dit que les Turcs étaient divisés en
quatre gouvernements, mais que l'autorité sur toute la nation était exercée
par le seul Dizaboul; qu'ils avaient soumis entièrement les Hephthalites
et les avaient obligés à leur payer tribut; enfin que les Avares (c'est à dire
les Pseudavares) qui avaient réussi à se soustraire à leur joug en fuyant en
Europe devaient être au nombre de vingt mille environ. A la fin de cette
entrevue, Maniach jura avec imprécations que les Turcs seraient fidèles
aux Romains.

Au commencement du mois d'Août 568 qui était le dernier mois de
la quatrième année de son règne, Justin renvoya Maniach en lui adjoig-
nant une ambassade dont le chef était Zémarque de Cilicie. Après un long
voyage, Zémarque arriva en Sogdiane; là un certain nombre de Turcs se
présentèrent à lui, offrant de lui vendre du fer; ils voulaient ainsi, pense
Ménandre, lui faire savoir qu'on trouvait chez eux des mines de fer. Ce
témoignage est à rapprocher de celui du Pei che qui nous apprend que,
lorsque les Turcs étaient soumis aux Joan-joan, ils étaient employés à tra-
vailler le fer²). Puis ce furent des sorciers turcs qui purifièrent l'envoyé
romain en le faisant passer à travers des flammes; on remarque la même
coutume chez les Mongols au treizième siècle³).

L'ambassade se rendit ensuite à la résidence du kagan Dizaboul (Is-
tâmi) dans la montagne Ektag, dont le nom, dit Ménandre, signifie «le