National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Documents sur les Tou-kiue (Turcs) occidentaux : vol.1 |
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de l'empereur et qui finit par vouloir le renverser. Il fut bien près de
réussir; le 13 Juillet 756, Hiuen-tsong, voyant les rebelles maîtres de la
passe de T'ong¹) qui leur ouvrait la route de Tch'ang-ngan, quitta préci-
pitamment sa capitale et se réfugia dans le Se-tch'oan.
L'énergie de son fils, qui prit alors le pouvoir et qui fut l'empereur
Sou-tsong, sauva une situation presque désespérée; en 757, ses armées repri-
rent Tch'ang-ngan. Parmi les troupes qui coopérèrent à l'attaque de la ville
se trouvaient des contingents de soldats du Ngan-si (Protectorat de Kach-
garie), du Pei-t'ing (Protectorat du nord des T'ien-chan), du Ferghânah
et des Arabes²); tel fut le dernier vestige du rôle glorieux que la Chine
avait joué naguère en Occident.
IX.
Conclusion.
L'histoire des Turcs occidentaux se divise, comme on l'a vu, en deux
parties à peu près égales; du milieu du sixième au milieu du septième
siècle, ils sont indépendants; du milieu du septième au milieu du huitième
siècle, ils sont livrés aux compétitions des Chinois, des Tibétains, des Arabes
et de divers peuples de race turque. Si, dans la seconde période, il n'y a
plus chez eux de souverain unique qui réunisse dans sa main tout l'ensemble
des hordes soumises par Istâmi et Tardou, les fondateurs de l'empire, dans
la première période elle-même la cohésion et l'unité font trop souvent dé-
faut. Les Turcs occidentaux ne constituèrent jamais, à vrai dire, un état
fortement centralisé; dans leur territoire propre, au nord des Monts Cé-
lestes et des monts d'Alexandre, ils se divisaient en plusieurs groupe-
ments distincts qui avaient chacun une sorte d'autonomie; ils formaient
une fédération plutôt qu'un royaume; lorsque le kagan suprême manquait
d'autorité, ou que quelque chef rival lui contestait le pouvoir, les vieilles
rivalités entre les tribus reparaissaient aussitôt, et c'est ainsi que leurs
chroniques sont remplies des récits des dissensions intestines entre les cinq
tribus Tou-lou de la Dzoungarie et les cinq tribus Nou-che-pi de Tokmak
et de Talas. Les principautés de la Sogdiane et du Tokharestan, quand
elles furent tombées sous le joug des Turcs, conservèrent de même une
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