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0875 羽田博士史学論文集 : vol.2
羽田博士史学論文集 : vol.2 / Page 875 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000267
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Turcs de cette région avant le milieu du Xe siècle A. D. Quant à
l'appellation indigène de Kieou-tse, elle a pu être le *Kūci* de M. Pelliot¹⁾;
elle apparaît sous la forme *Kuci*²⁾ dans les textes sanskrits de l'époque
des T'ang, et je pense que les Turcs l'ont alors employée sous la forme
attestée dans ces textes, c'est-à-dire *Kūsān*. En voici, selon moi, une
preuve: les célèbres *Prairies d'or* de Maçoudi³⁾ rapportent que "les
Tagazgaz, qui occupent la ville de Kouchan (Kao-tchang), située entre
le Khoraçan et la Chine, et qui sont aujourd'hui, en 332 (943–944 A.D.),
de toutes les races et tribus turques, la plus valereuse, la plus puissante
et la mieux gouvernée. . . . et que seuls de tous ces peuples, ils
professent la doctrine de Manès", et il est dit encore que: "il faut
compter celui des rois turcs qui possède la ville de Kouchan et qui
commande aux Tagazgaz."⁴⁾ Il n'est point douteux que le nom de
Turcs désigne à cette époque les Ouigours émigrés en Occident. Il
est assez raisonnable de croire que, puisqu'il s'agit d'une ville de
Kouchan occupée par les Ouigours, ce nom-là désigne Kao-tch'ang
高昌; c'est ce que non seulement Barbier de Meynard⁵⁾ traduit du
livre de Maçoudi, mais encore ce que beaucoup pensent. Malgré cela,
M. Pelliot⁶⁾ et d'autres ont montré qu'il était assez difficile d'expliquer
le mot de Kūsān comme transcription phonétique de Kao-tch'ang, si
l'on se base sur la prononciation des caractères 高昌. A mon sens,
Kouchan ne désigne pas en réalité Kao-tch'ang 高昌, mais Kieou-tse
龜茲 et correspond au Kūsān des textes turcs cités plus haut. Quoiqu'il
ait la forme Kūšān dans le Maçoudi dont s'est servi Barbier de