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0566 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 566 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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"reçut solennellement le Bienheureux" au pied de sa vertigineuse
échelle : et cela nous étonne d'autant moins de sa part que l'on
assure par ailleurs qu'il s'était fort affligé de la disparition du
Maître, à tel point que, pour charmer les ennuis de l'absence, il
aurait fait sculpter la première image connue du Buddha. Mais il faut
croire justement que cette explication était trop simple. Le Divyā-
vadāna nous en impose une autre, que répètent à l'envi Fa-hien,
Hiuan-tsang et Rockhill(1). Le personnage monté sur l'éléphant est
bien un roi, et même un roi suzerain du monde (cakravartin) ; ou
plutôt, distinguons, c'en est l'image ; car au fond ce n'est là qu'un
déguisement revêtu pour la circonstance par la nonne Utpalavarṇā,
soit en vertu de son pouvoir magique, soit par la faveur du Buddha.
Les uns disent que c'était un procédé ingénieux pour se pousser
sans peine au premier rang des spectateurs, d'autres que c'était
une façon de faire honneur au Bienheureux et qu'elle en fut répri-
mandée. De toute manière, il ne faut pas vous y tromper : c'est
Utpalavarṇā qui, telle Marie-Madeleine, fut la première à revoir
le Seigneur, et c'est elle que vous apercevez ici deux fois, d'abord
à gauche sous la forme d'un roi, puis au pied de l'escalier central
où elle a repris son apparence de nonne. . . — Nous ne l'aurions
pas deviné seul : mais enfin, si alambiquée que soit cette expli-
cation, nous ne demandons pas mieux, sur la foi de tant d'autorités,
que de l'admettre : seulement, comment se défendre de l'impres-
sion que la version qui nous est servie ne soit qu'un remaniement
postérieur de la légende, inventé après coup pour justifier une
interprétation plus ingénieuse que convaincante de ce modèle de
bas-relief ?

Les guet-apens de Dévadatta. — En redescendant sur la terre,
le Buddha retombe au milieu des mêmes vicissitudes, et l'on dirait
qu'à mesure qu'approche le soir de sa vie, sa légende aille s'assom-