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0060 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 60 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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qu'on pourrait retirer de cette distribution purement géogra-
phique, au moins dans l'état actuel de nos connaissances. N'ou-
blions pas que l'interprétation de ces monuments n'est pas encore
achevée : or il n'est pas, à notre avis, de tâche plus urgente; et,
pour la mener à bien, la comparaison des éléments constituants de
cet art, indépendamment de toute localisation spéciale, nous paraît
seule de mise. Là même où les groupes locaux existent, notre
premier soin va être de n'en pas tenir compte, pour nous occuper
avant tout de rapprocher les spécimens qui présentent des carac-
tères communs. Ce principe de classification, analogue à celui qui
prévaut dans les sciences naturelles, est celui auquel nous devons
d'abord avoir recours pour mettre un peu d'ordre au milieu de toute
cette confusion anonyme. Durant cette phase provisoire de nos
recherches, les ressemblances essentielles, portant sur les sujets et
les formes, créent un lien assurément plus fort entre deux monu-
ments qu'un simple rapprochement dans l'espace. Plus tard seule-
ment, nous verrons à renouer les faisceaux épars et à reconstituer,
dans la mesure du possible, quelques zones distinctes avec leur
physionomie particulière, si tant est qu'elles en aient une.

Il est en effet permis de douter — et cette raison encore peut
servir à diminuer nos platoniques regrets — de l'existence de
n ances locales. Quand Cunningham veut nous donner une idée
des sculptures de Kharkaï, il écrit en toute ingénuité «qu'elles
sont semblables à celles que l'on a trouvées partout ailleurs»⁽¹⁾.
C'est là le fait vulgaire sur lequel il serait prématuré de raffiner.
Entre tous les fragments gréco-bouddhiques qui remplissent le
Musée de Lahore, nous avons constaté de très grands écarts d'exé-
cution, mais non de véritables distinctions de style. La contre-
épreuve est aisée; même quand nous connaissons l'origine des
sculptures, nous ne voyons rien de plus pareil aux bas-reliefs
de Sanghao que ceux de Nathou, à moins que ce ne soient ceux de