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0095 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 95 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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nous devons toucher à tous ces points d'autant plus brièvement
que nous n'avons rencontré au Gandhâra aucun spécimen encore
debout de ces colonnes détachées : toutefois il y aura lieu de nous
souvenir de leur existence quand il s'agira d'expliquer la prove-
nance des quelques bases et chapiteaux découverts au cours des
fouilles dans le voisinage des stûpa.

Il convient de rappeler également qu'outre les trois exemples
cités, nombre d'autres, et non des moins typiques, se dérobent
actuellement à nos recherches dans la vallée interdite de Kâboul.
Masson a été, en effet, conduit par ses observations à établir une
distinction, qu'il juge à tort foncière, mais qui, au point de vue
de leur aspect extérieur, est parfaitement fondée, entre ce qu'il
appelle «topes» ou «tumuli». Nous verrons dans un instant ce qui
caractérise à ses yeux les topes; mais, dès à présent, il n'est pas
douteux pour nous que ses tumuli, «constructions plus basses et
qui peuvent être décrites comme consistant en un soubassement
surmonté d'une coupole», ne soient exactement le genre d'édifices
où nous reconnaissons les stûpa de modèle ancien. Masson s'est
d'ailleurs fort bien aperçu lui-même «de leur ressemblance frap-
pante avec les «dahgope» de l'Hindoustan(1)», et c'est ce que con-
firme encore le dessin qu'il donne de l'un d'eux (voir fig. 19 a).
Une différence de silhouette aussi sensible n'avait pas dû échapper
avant lui aux observateurs : c'est elle, croyons-nous, que nous
retrouvons, seulement déguisée à l'indienne, à la base d'une
remarque qui revient fréquemment dans les chapitres de Hiuan-
tsang relatifs à l'Inde du Nord. De temps à autre, il nous rapporte
que tel stûpa en particulier «a été bâti par Açoka». Le fait est,
après tout, possible qu'Açoka ait pris l'initiative de faire ériger des
monuments en un pays où nous savons qu'il a pris celle de faire
graver des inscriptions. Toutefois nous ne voudrions pas, comme
bien on pense, nous porter garant de l'authenticité de la tradition