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0125 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 125 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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CHAPITRE II.

LE VIHÁRA.

C'est à la même constatation que va encore nous conduire
l'étude du vihára. Avertissons tout de suite le lecteur que nous ne
prenons pas ce dernier mot dans le sens qu'on a fini par lui attri-
buer de «couvent» ou de «monastère». Nous réservons pour cet
usage le terme de saṅghárâma, non seulement parce que c'est
l'expression favorite de notre excellent guide Hiuan-tsang, mais
encore parce qu'on n'en peut trouver de moins ambiguë pour
désigner une résidence où des moines habitent en communauté.
Le seul reproche que nous lui fassions pour le moment est justement
d'être trop générale : aussi ne l'emploierons-nous qu'au prochain
chapitre, quand le moment sera venu d'examiner la fondation
religieuse dans son ensemble. Au contraire, «dans la plus ancienne
littérature, nous disent MM. Rhys Davids et Oldenberg, vihára
désigne toujours ou presque toujours l'habitation, l'appartement
particulier d'un seul moine»; et rien ne ressort, en effet, plus claire-
ment de la lecture des nombreux passages du Vinaya où revient ce
mot. De son côté, M. Kern fait remarquer que sous le pinceau de
Hiuan-tsang comme dan la bouche des Singhalais et des Népalais
modernes, il sert non moins couramment à désigner «une pagode
ou un temple». Il en conclut avec raison qu'il s'applique aussi bien
à la demeure d'un moine qu'à celle d'une divinité. Le vihára était
tour à tour et à la fois, soit la maison d'un religieux, soit un temple,
si par temple on entend — à la façon antique, qui est aussi la façon
indienne — la maison de l'idole. De même, chez nous, dans «cel-
lule» il y a cella. La simultanéité des deux sens est d'autant plus
naturelle que la ressemblance n'existe pas seulement dans les mots :
comme l'a si bien remarqué M. Senart à propos des plus vieux

7.