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0156 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 156 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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dômes, le tambour circulaire qui les sépare étant naturellement
figuré par un bandeau droit. Qui sait même si, dans certains cas,
l'arc ou le double arc (fig. 48) représenté à l'intérieur de la plus
haute coupole, encore que son rôle décoratif soit des plus apparents,
n'avait pas pour pendant dans la réalité une voûte supplémentaire
de décharge? Mais il y a mieux encore; on pourrait reprocher à
l'opération proposée, si frappant qu'en soit le résultat, d'être une
fantaisie purement imaginaire : voici que nous en saisissons sur le
vif la mise en pratique par nos sculpteurs. Certaines stèles riche-
ment fouillées du Gandhâra sont en effet traitées comme autant de
chapelles ou de groupes de chapelles enfermant des idoles. Or, pour
mieux mettre en valeur les statues, leurs auteurs jettent bas tout
ou partie de la moitié antérieure des édifices qui sont censés les
abriter (cf. fig. 76-77). En d'autres termes, ils nous présentent
justement la coupe que nous suggérions tout à l'heure et en tirent
exactement le parti décoratif qu'il était aisé de prévoir, et que
nous venons de commenter. Ainsi donc, non seulement l'arche
trifoliée procède d'une section ou, ce qui revient au même, d'un
simple dessin linéaire du vihâra à double dôme — il suffit sur ce
point de s'en remettre au témoignage des yeux, — mais les artistes
du Gandhâra avaient pleine conscience de cette origine et n'ont
pas dédaigné à l'occasion de nous le laisser voir.

Un autre trait ne nous paraît pas moins digne d'être souligné,
au moins par quelques indications rapides. Nous voulons parler
du degré surprenant auquel ce motif — là même où des acanthes,
des sphinx, des tritons, etc., entrent dans son ornementation — a
gardé l'empreinte de son origine indienne. Celle-ci ne se marque
pas seulement dans la forme en fer à cheval si caractéristique
de son arche. Que l'on compare tel spécimen des plus compli-
qués, provenant du Swât (fig. 48), à telle façade d'une des plus
anciennes grottes du Magadha (fig. 33) : on sera surpris d'y re-
trouver non seulement la même disposition de la charpente inté-
rieure et de la voûte, mais jusqu'au souvenir des poteaux quasi-