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0222 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 222 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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fortement moulée, fixée sur un corps de terre, d'où il résulte que les
têtes seules peuvent être emportées ». La même où la statue était
entièrement composée de chaux, nous inclinerions à penser que,
d'une manière générale, les parties plus fines et délicates à traiter,
comme la face, étaient préparées à part et d'avance pour être
engagées, leur tour venu, dans le revêtement des murs. C'est un
fait bien connu des gens du métier, que le mortier frais appliqué
sur du mortier déjà sec ne fait jamais corps avec ce dernier : or
nombre de ces têtes étaient évidées par derrière, et l'on distingue
nettement, dans le creux ménagé à cet effet, la truellée qui a servi
à les fixer après coup contre la paroi. On conçoit que les parties
ainsi rapportées aient été les premières à se détacher de l'ensemble,
en même temps que leur résistance supérieure aux divers agents
de destruction (pour beaucoup l'incendie, pour toutes l'écroulement
des murailles et les infiltrations des pluies) donne à penser que leur
préparation était l'objet de soins particuliers. Quant au procédé
même de leur exécution, il n'est pas toujours facile de le définir
d'une façon entièrement sûre. Masson semble croire que celles de
Hidda étaient moulées (cast), et le fait est bien possible. Dans les
cas que nous avons pu examiner, il est au contraire très douteux
qu'on ait eu recours au moulage. Telle est l'extraordinaire variété
des expressions, sinon des dimensions, qu'on pourrait presque
l'affirmer au premier coup d'œil. De l'avis des praticiens, il fau-
drait d'ailleurs pour telle de ces petites têtes un nombre de moules
et, par suite, une somme de temps et de travail hors de propor-
tion avec son importance. Enfin les arêtes sont, en général, trop
vives pour n'avoir pas été exécutées directement. Il est donc très
vraisemblable qu'on modelait ces figures à l'ébauchair dans du
mortier frais, sauf peut-être à les reprendre ensuite au ciseau,
une fois séchées. Sur les monuments où les mêmes figures alter-
nent avec les mêmes cadres, comme par exemple à Ali-Masjid
(fig. 81), il semble qu'il subsiste un élément de variété jusque
dans leur monotonie. De même que les artistes de notre Renais-