National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 |
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dans l'intérieur de l'Inde. Les pachydermes de Barhut et de Sânchî,
sans parler de ceux d'Amarâvatî et d'Ajaṇṭâ, sont beaucoup plus
vivants et «d'après nature», et le sentiment de leur agile lourdeur
est infiniment mieux rendu qu'au Gandhâra. Rien ne sert d'être
meilleur praticien, si l'on n'a pas, comme on dit, dans l'œil le sujet
qu'il s'agit de traduire à la pointe de son ciseau. Évidemment les
artistes gréco-bouddhiques étaient peu familiers avec ces bêtes
exotiques, et c'est ce qui explique qu'ils se montrent de si mé-
diocres animaliers. C'est même le seul point que nous sachions où
les sculpteurs indigènes reprennent sur eux l'avantage, en même
temps qu'ils les égalent dans le traitement des motifs fleuris d'or-
nementation.
La Flore ornementale. — Pas plus que la faune, nous n'entre-
prendrons d'étudier en détail la flore de l'Inde d'après les monu-
ments(1). De nombreuses essences d'arbres, palmiers, manguiers,
sâla, figuier des banyans et celui, plus sacré encore, sous lequel
le Buddha parvint à l'omniscience, sont suffisamment caractérisées
sur nos bas-reliefs. De ce dernier seulement nous avons à noter
l'usage décoratif sur des frises où il faut prendre garde de ne pas
confondre avec une sorte de lierre peu découpé sa feuille arrondie
à la base et longuement effilée (fig. 95); c'est bien celle de l'arbre
de la Bodhi et du ficus religiosa des botanistes, de l'açvattha des
vieux textes et du pippal actuel; elle n'a pas changé depuis Barhut(2).
Après les feuillages, les fleurs; de beaucoup la plus employée est
celle de l'églantier. Le Gandhâra est resté un pays de roses, et
c'est l'églantine que nous croyons reconnaître dans le fleuron nor-
malement à cinq feuilles, parfois à quatre ou à six, qui tantôt
décore isolément des surfaces unies (fig. 210), tantôt s'écartèle
dans les losanges ou des carrés (fig. 213), tantôt enfin se dispose
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