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0254 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 254 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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la bête est représentée en entier de profil, tandis que l'intervalle
entre les deux croupes est rempli par une autre tête de face. En
même temps, la base, en forme de bol, hausse sur un ou plusieurs
gradins son fond de plus en plus grêle. Enfin l'un des éléments,
et non des moins importants, des colonnes persanes a complète-
ment disparu; ou bien, sur la figure 77 où il reparaît, au lieu de
supporter les animaux, il s'intercale entre eux et l'abaque!

On sent assez qu'il s'agit ici de fantaisies de décorateurs que ne
tempèrent pas les responsabilités de l'architecte. Aussi bien, tandis
que de véritables colonnes indo-persanes ont été retrouvées à
Barhut et à Sânchi comme à Mathurâ, ou soutiennent encore les
façades des temples de Karli et de Nâsik, nous ne voyons à citer
dans le nord-ouest de l'Inde d'autre exemple architectural que les
deux mînârs voisins de Kâboul⁽¹⁾. En revanche, les sculpteurs usent
largement du motif et lui ont fait subir les transformations les plus
inattendues. Le plus souvent, ces pilastres, servant à séparer les
scènes sur les frises, sont engagés dans un panneau rectangulaire
qui a été creusé pour obtenir leur relief et dont les bords saillants
les encâdrent. Parfois l'artiste s'est borné à relever la nudité du fût
par une figure orante (fig. 105); mais il est fréquemment arrivé
qu'il a remplacé fût et chapiteau par un personnage debout sous
un arbre. C'est tantôt un joueur de flûte (Lahore, nº 238) ou un
danseur (fig. 104; cf. 150), et tantôt une femme adorant (fig. 294),
jouant de la flûte (fig. 215) ou de la guitare (Mârdan), ou se
suspendant à l'une des branches de l'arbre avec la main droite
(Lahore, nºˢ 84, 587, etc.), plus rarement avec la main gauche.
Sur tous ces spécimens, la figurine garde encore pour piédestal la
base caractéristique du pilier dont elle a pris la place; ailleurs ce
dernier vestige du sujet originel disparaît, et le pilastre achève de
se muer en une sorte de cariatide d'allure tout indienne (fig. 106;
cf. fig. 185). Aussi bien, cette attitude était-elle déjà en faveur