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0272 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 272 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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sur la jambe, faire boire une bacchante qu'il tient amoureusement
enlacée par le cou. Le chignon à la grecque de cette dernière et de
sa voisine est digne de remarque. Puis un homme hirsute et barbu
comme Pan court vers la gauche en se retournant à demi vers une
joueuse de cymbales, vue de dos, qui le suit en dansant. Viennent
enfin deux autres Ménades, dont l'une porte une amphore, tandis
que l'autre, soulevant son voile à deux mains, se tourne vers un
Silène ventru et accoudé. Sur un bas-relief de Lahore (fig. 129),
nous retrouvons l'obèse personnage, chevauchant, au lieu d'un âne,
un lion; une Ménade long vêtue, fort pareille à celles que les mon-
naies de Maüès et d'Azès encadrent de larges pampres(1), mène l'ani-
mal; à droite, le vin jaillit du pressoir; à gauche, après un groupe
de bacchants, deux jeunes faunes essayent de faire boire une pan-
thère ou un lion dans un cratère; des berceaux de vigne ombragent
ces diverses scènes, que séparent leurs ceps. Nous y reconnaissons
au passage la plupart des figurants habituels du cortège de Bacchus,
tout comme s'il les avait oubliés derrière lui, à son retour de l'Inde,
dans la lointaine vallée où la tradition plaçait la fameuse Nysa et
qui est encore célèbre aujourd'hui pour ses raisins magnifiques.
A côté des bacchanales proprement dites, il faut noter d'autres
tableaux de genre, d'un caractère également bachique. Ici, sur une
frise (fig. 131), des buveurs et des buveuses, fort bien drapés à
l'antique — les femmes sont vêtues du chiton et de l'himation, —
portent à leurs lèvres ou se passent de main en main des pots
que, tout à fait à gauche, un homme remplit à l'orifice d'une outre
jetée en travers sur ses épaules. Le geste d'un des buveurs, qui
lève son verre à la hauteur de ses yeux pour juger de la transpa-
rence de la liqueur, prouve, soit dit en passant, que le vase était
en effet censé de « verre ». Là, sur un piédestal encadré entre deux
têtes de lion directement posées sur deux pattes (fig. 130), la scène
de beuverie prend une tournure érotique. C'est une partie carrée.