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0284 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 284 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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gandhâriens que ces répétitions indéfinies de pieuses images rangées
côte à côte, debout ou assises, ont eu plus tard dans l'Inde — et
déjà à Amarâvatî — le déplorable succès que l'on devine. Quelque
temps encore le talent des premiers initiateurs persiste à se marquer
dans la variété des poses (fig. 77), parfois aussi des groupements
(fig. 215) et des ornements accessoires (fig. 136); mais, peu à peu,
les figures se stéréotypent et les attitudes se figent, comme si les
icones n'étaient là que pour faire nombre (cf. fig. 71, sur le premier
tambour circulaire); car, si l'esthétique n'y trouve plus son compte,
il n'en était pas de même de la paresse routinière de l'artiste et
de la piété, avide d'accumuler des mérites, du donateur.

La conception que nous venons de nous faire de la décoration gréco-
bouddhique implique, à son tour, des conclusions sur les rapports
chronologiques de ces divers bas-reliefs. Si tout indique que cet
art a été importé en pleine possession de sa technique, il en résulte
naturellement que celles de ses productions où l'empreinte classique
est le plus fortement marquée sont aussi les plus anciennes; à un
degré plus avancé d'indianisation correspond, au contraire, une
date plus basse : et ainsi l'histoire de l'école se réduit à celle de sa
décadence. Rien de mieux en théorie; en pratique, rien de plus
décevant : et l'on s'en aperçoit vite dès que, sortant des généralités,
on veut déterminer par de pures raisons de style l'âge d'une sculp-
ture donnée. Justement parce qu'il s'agit d'un art importé, il faut
toujours compter, dans chaque cas particulier, avec le faire plus
ou moins adroit et l'éducation plus ou moins classique d'un sculp-
teur de passage. Ainsi il est extrêmement vraisemblable, mais il
n'est nullement certain, que la figure 130 soit antérieure à la
figure 133 et la figure 131 à la figure 132, par exemple. Enfin,
pour bien des spécimens, une remarque, qu'on n'a pu manquer
déjà de faire, achève de ruiner toute spéculation chronologique
de cet ordre : c'est à savoir que sur maintes sculptures les motifs de
tout style se mêlent avec l'éclectisme le plus déconcertant. Ici
(fig. 96) les feuilles d'acanthe côtoient les églantines; là (fig. 105)