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0300 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 300 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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elles nous offrent de prime abord un excellent objet d'étude, exacte-
ment comme leur sujet fournit un début édifiant à l'introduction
du Jātaka pâli.

L'aventure nous transporte tout au fond des vieux âges. Le lieu
de la scène est la ville capitale de Dipavati où l'un des Buddhas du
passé, Dīpañkara, va faire une entrée solennelle. Il faut savoir
qu'à cette occasion le roi du pays a réquisitionné toutes les fleurs
afin de les offrir en personne au Buddha de l'époque : le Bodhi-
sattva à qui ses connaissances védiques viennent justement de va-
loir une bourse bien garnie, s'inquiète de savoir comment il pourra
de son côté rendre hommage à Dīpañkara. C'est à ce moment que
le rideau se lève. Nous pouvons prendre comme type de notre des-
cription l'une des métopes de la frise de Sikri, au Musée de Lahore
(fig. 139). Le sculpteur distingue dans l'histoire quatre moments
représentés par autant de mouvements de son héros : 1° Le jeune
étudiant (brahmacārin) ou novice (māṇava) — le Mahāvastu l'appelle
Mêgha et le Divyāvadāna, Sumati — achète à une jeune fille, qu'il
a par hasard rencontrée, cinq des sept lotus que celle-ci avait su
se procurer. Ce sont les seuls qui restent encore disponibles dans
la ville : encore la jeune fille ne consent-elle à s'en dessaisir qu'en
échange d'une promesse de mariage valable pour chacune de leurs
existences futures. On l'aperçoit à gauche, debout sous un enca-
drement de porte : au-dessus règne la balustrade et montent les
colonnettes d'un balcon (vātāyana) d'où deux habitants de Dipavati
regardent la procession passer dans leur rue. Belle et parée, elle
tient ses fleurs de la main droite et de l'autre prend la bourse (ici
brisée) que lui tend le jeune homme; seulement elle ne porte pas
sur la hanche, à la façon des femmes indiennes, la cruche ronde
(ghaṭa) que lui prêtent tous les textes et qui ne lui manque sur
aucune autre réplique connue : cet oubli dut être sévèrement jugé
en son temps par les connaisseurs. 2° Le brahmacārin se retourne
vers Dīpañkara et, toujours debout, le bras droit levé, lui lance à
la volée les cinq lotus : ceux-ci restent miraculeusement suspendus