National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0314 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 314 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000285
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

renaître une dernière fois sur la terre? Le bas-relief reste muet, et
nous n'en pourrons rien tirer de plus : mais les textes sont heureuse-
ment là pour nous répondre. Ni le Lalita-vistara, ni le Mahâvastu,
ni la Nidâna-kathâ n'ignorent ce qui se passe cyavana-kâlasamaye,
« quand le temps est venu de redescendre en ce monde » (1). Écoutez
le premier : « Or, en vérité, le Bodhisattva, se tenant dans le paradis
des Tuṣitas, examinait les quatre grands examens. Quels sont ces
quatre ? Ce sont : l'examen du temps, l'examen du continent,
l'examen du pays, l'examen de la famille . . . » où il convient qu'il
renaisse pour la dernière fois. « Et ayant ainsi examiné, il resta
silencieux. » Cependant les autres dieux Tuṣitas se préoccupent des
mêmes questions et, après avoir tour à tour émis et écarté les
suggestions les plus variées, décident d'aller en chœur trouver le
Bodhisattva : « Et tous, élevant leurs mains jointes, l'interro-
gèrent... » Or, que voyons-nous ici? Le Bodhisattva, les yeux clos,
médite en silence; les dieux Tuṣitas, autour de lui rangés, rap-
prochent leurs mains à l'indienne et les tendent d'un même geste
à la fois suppliant et interrogateur. Ce n'est donc forcer en rien le
sens de ce bas-relief que d'admettre que l'artiste se soit proposé
— ou se soit vu imposer — le programme suivant, lequel ne se
recommande pas précisément par ses qualités dramatiques : « Le
Bodhisattva Çvêtakêtu, dans le paradis des Tuṣitas, au moment de
descendre sur la terre, examine en compagnie des dieux, ses
compagnons de ciel, qui s'en enquièrent respectueusement, les
conditions de sa renaissance dernière. » Du même coup, le motif
rentre dans la loi commune des œuvres du Gandhâra : illustration
toute prête pour le troisième chapitre du Lalita-vistara par exemple,
il devient, sous le même titre consacré et abrégé d'« (examen de)
la parfaite pureté de la famille » (kula-paricuddhî-[vilokita]), une
scène définie de la biographie du Bodhisattva. Bientôt d'ailleurs son
choix est fait. Il doit encore, « de toute nécessité », enseigner aux