National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0340 |
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 |
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Lalita-vistara a déjà fait mourir Màyà ce jour-là — le septième de-
puis la naissance — et, d'après lui, le Bodhisattva est seul dans son
magnifique carrosse. Nous avons vu que le Mahâvastu et le Buddha-
carita ne l'entendaient pas ainsi : ce dernier n'hésite pas à placer
la rentrée de Màyà et de son fils à la ville dix jours pleins après l'accou-
chement et ne la fait mourir que plus tard. Leurs auteurs subis-
saient-ils plus ou moins consciemment le prestige des monuments
figurés ? Ce qui est indéniable, c'est la tendance de l'école du Gan-
dhâra à prolonger la vie de Màyà pour lui permettre d'assister
encore à la fameuse entrevue avec le ṛiṣi Asita.
Visite (et horoscope) d'Asita. — C'est elle, selon toute vraisem-
blance, que nous voyons reparaître en cette occasion, comme dans
celle de « l'interprétation du songe » : aussi bien, elle n'a eu qu'à
garder sa place assise à la gauche de son époux, le roi Çuddhodana
(voir fig. 160 d. et cf. id. b; fig. 161 et 165 a, et cf. fig. 150). A la
vérité, sa sœur Mahâprajâpati, celle-là même qui va devenir la se-
conde mère de l'enfant prédestiné, est également reine : nos sculp-
teurs voudraient-ils la représenter, qu'ils ne sauraient lui donner
un autre aspect, ni non plus, après la mort de Màyà, une autre
place. Mais, lors même que ce dessein leur aurait passé par la
tête, ils n'auraient pas eu la moindre chance d'être suivis par
leur public, ni d'ailleurs aucun moyen de l'avertir de la substitu-
tion opérée dans leur pensée. Celui-ci n'était naturellement que
trop enclin, dans ces scènes exactement symétriques, à mettre
toujours le même nom sur le même visage. Comment la reine
aurait-elle cessé d'être Màyà, ce qui est parfaitement plausible et
n'exige de la tradition qu'un jour ou deux de sursis, quand le
brahmane astrologue avait fini par devenir Asita, ce qui l'oblige à
deux visites, dont la première aurait été faite « dix mois » entiers
avant la seule que connaisse la tradition ? En revanche, nous croyons
volontiers qu'en vertu de ce même besoin de nommer les person-
nages des légendes, les fidèles devaient reconnaître Mahâprajâpati,
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