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Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0366 |
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 |
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§ I. La vocation religieuse.
A deux reprises, d'après la légende, la vocation du Bodhisattva
a été stimulée par des incidents extérieurs et, tant bien que mal,
susceptibles — à la différence des «voix» que lui font encore
entendre les divinités — d'être représentés sur la pierre. La pre-
mière fois, c'était à l'occasion d'une partie de campagne dans les
propriétés de son père : un trouble inconnu s'élève dans l'esprit
du jeune prince et il tombe en extase, tandis que l'ombre du
pommier-rose (jambu) sous lequel il s'est assis cesse de tourner au
soleil pour continuer à l'abriter. D'autres fois, au cours de ses
promenades en voiture, il rencontre successivement un vieillard,
un malade et un cadavre : et lui, que l'inutile précaution de son
père avait toujours fait vivre jusque-là dans un monde factice, il a
ainsi la soudaine révélation des trois maux sans lesquels il est écrit
que les Buddhas n'apparaîtraient pas en ce monde : la vieillesse,
la maladie et la mort. Désormais les plaisirs de la vie perdent
pour lui toute saveur; une quatrième rencontre, celle d'un moine,
lui révèle enfin la voie à suivre pour échapper aux misères de
l'existence. La vocation de Siddhârtha se trouve ainsi non seule-
ment expliquée, mais encore fort adroitement mise en scène. Les
deux premières constatations que nous devons faire n'en sont que
plus surprenantes : nous n'avons pas rencontré jusqu'ici, dans l'art
du Gandhâra, de représentation des «quatre sorties»; et quant à
la «première méditation du Bodhisattva», les trois répliques que
nous en connaissons s'accordent à nous le montrer déjà parvenu à
l'âge adulte.
La première méditation du Bodhisattva. — Pour nous occuper
tout d'abord de cette dernière scène, il est curieux de constater
également chez la tradition septentrionale une tendance à retarder
l'époque de la première méditation, au risque d'en diminuer
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