National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0389 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 389 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000285
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

c'est aussi pourquoi elle est introduite sur la figure 184 b, immé-
diatement à la suite du «départ». Le lieu en était, nous dit-on,
situé à douze yojana au sud de sa ville natale et était marqué par
un monument sacré dit «du retour de Chandaka» (Chandaka-nivar-
tana-caitya). Les dieux de l'escorte y assistent parfois encore : en
tout cas, nous ne manquons pas d'y retrouver Vajrapāṇi. Mais
les trois acteurs principaux sont naturellement le Bodhisattva, son
écuyer et son cheval, et chacun d'eux a une pose traditionnelle
plus ou moins heureusement traitée. Le premier est toujours en
train d'enlever ses riches parures de prince royal : notons sur la
figure 184 b le joli geste avec lequel il fait couler ses bracelets
le long de son bras gauche. Chandaka, sans abandonner le manche
du parasol, reçoit tous ces bijoux dans ses mains (fig. 184) ou mieux,
dans le pan de son manteau (fig. 185 b). Quant au Kanthaka de
ces deux bas-reliefs, qui sait s'il n'a pas posé ici encore comme
modèle pour la stance du Buddha-carita (vi, 53) qui lui fait, en
cet instant, «lécher de la langue les pieds de son maître en répan-
dant des larmes brûlantes» ?

La coupe des cheveux. — La première pensée qui vienne ensuite
à l'esprit du Bodhisattva est de couper sa chevelure : après ses
joyaux, rien ne pouvait en effet, dans les idées indiennes, jurer
davantage avec son nouvel état de çramaṇa. Tous les textes sont
d'accord pour lui prêter à ce moment non seulement la même in-
tention, mais encore le même geste : de la main droite il tire son
épée et, tenant de l'autre ses cheveux, il les tranche d'un seul coup.
Il est d'autant plus curieux de noter qu'au cours de nos recherches,
jamais nous n'avons rencontré ce geste dans l'art du Gandhâra.

A la vérité, les textes se remettent aussitôt à différer sur la ques-
tion de savoir exactement ce que le Bodhisattva passe ainsi au fil
de son épée. Le Lalista-vistara et le Mahâvastu se bornent à lui faire
détacher et jeter dans les airs, où les dieux la recueillent, la longue
mèche qui couronne le sommet de sa tête (cûdâ). C'est à quoi il