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0393 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 393 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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gieux bouddhiques. Doutez-vous qu'il s'agisse vraiment d'un chas-
seur ou, du moins, d'un dieu ainsi déguisé? C'est donc que vous
n'avez pas vu qu'il vient de déposer à ses pieds, avant de procéder
à l'échange des costumes, son gibier du jour, une antilope à lon-
gues cornes droites, dont les quatre pattes sont liées. Au fond, un
arbre représente la forêt. Dans tout cela, il n'est pas un instant
question de cheveux coupés : bien mieux on ne peut s'empêcher
d'être frappé du fait que la tête du prince, pour être simplement
décoiffée et sans boucles aux oreilles, a déjà pris tout à fait l'aspect
que nous lui verrons quand il sera devenu le Buddha. En d'autres
termes, des trois épisodes que connaissent les textes : le congédie-
ment de Chandaka avec les parures, la coupe des cheveux et le
changement d'habit, l'artiste a groupé ici le premier (grâce à la sup-
pression du cheval Kaṇṭhaka) et le troisième : c'est apparemment
que le second lui était totalement étranger.

Le retour de Chandaka. — Or, dit encore le Lalita-vistara en
parlant de la scène précédente, «cela fut vu de Chandaka». Est-ce
à cause de cette mention du texte que Chandaka assiste ici à
l'échange de vêtements avec le chasseur? Est-ce, au contraire, en
raison de sa présence sur les bas-reliefs que le texte en fait le
témoin de la scène? Le fait qu'il a déjà été expressément congédié
en un paragraphe antérieur donnerait plus de vraisemblance à la
seconde hypothèse. Quoi qu'il en soit, nous avons ainsi deux rai-
sons pour une de ne placer qu'à ce moment le «retour de Chan-
daka», auquel le Buddha-carita consacre tout un chant, le sixième.
En sculpture, nous en connaissons au moins un exemple, malheu-
reusement très fragmentaire, à Calcutta (1re coll. Caddy, 1895;
haut. : 0 m. 65) : on y voit Chandaka, le paquet de bijoux passé
en bandoulière et menant en laisse Kaṇṭhaka, rentrer par l'une
des portes de Kapilavastu, accueilli par le roi Cuddhodana et les
femmes du palais en personne. Apparemment il faut rapporter
également à cet épisode le fragment n° 116 de Lahore (A. M. I.,