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0406 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 406 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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pénitent, a été, comme on sait, trouvée à Sikri et depuis long-
temps publiée par M. Senart(1). Il ne faudrait pas croire, d'ailleurs,
que nous ne possédions de ce motif que des statues, ni non plus
que de toutes les répliques émane le même rayonnement de mys-
tique beauté. Nous connaissons trois de ces figures sur bas-reliefs,
dont deux à Lahore (fig. 192 c et 200 a) et une au British Museum
(fig. 193). Si elles sont loin de valoir celle de Sikri, elles en ont
néanmoins conservé les traits caractéristiques, notamment l'indi-
cation des yeux creux, du ventre rentré et des côtes saillantes.
En même temps, elles posent la question de la détermination des
assistants. Or, bien que tous les textes nous avertissent que le
Bodhisattva a déjà pour assidus compagnons, pendant les six an-
nées d'austérités, ses cinq futurs premiers disciples, aucune sculp-
ture n'a, semble-t-il, répondu à cette invite de la tradition. Il ne
faut pas se dissimuler qu'il eût été assez embarrassant de figurer,
dès avant la Sambodhi, les fameux membres « de la bande des cinq ».
Quel aspect donner, en effet, à ces personnages qui, hier encore,
étaient condisciples de Gautama chez Udraka, sinon celui d'étu-
diants brahmaniques? Tel est le parti qu'ont résolument adopté les
sculpteurs de Boro-Boudour. Les artistes du Gandhâra ont-ils craint
de retomber dans des redites et des confusions nouvelles? Ce qui est
sûr, c'est que les « cinq de la bande bénie » (pañca-bhadravargīyāḥ)
n'apparaissent, pour autant que nous sachions, qu'au moment de
la première prédication (voir fig. 220) et qu'ils ont déjà pris à ce
moment la figure de moines bouddhiques, — figure naturellement
proscrite de tous les tableaux qui précèdent l'illumination. Autour du
Gautama pénitent nous n'apercevons que des assistants laïques; à
Lahore, ce ne sont apparemment que les banales devatā qui servent
à meubler les fonds de tableau et dont l'occupation la plus claire
consiste soit à joindre dévotement les mains, soit à jeter des fleurs
célestes, selon le cliché conventionnel des textes (fig. 192 c et 200 a).