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0408 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 408 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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fait descendre du ciel des Trente-trois dieux où elle était renée : car
le fait d'avoir porté dans ses flancs le futur Sauveur lui avait valu
cette double promotion à la condition divine et au sexe supérieur.
Mais il faudrait donc admettre que, pour la circonstance, elle a
repris sa forme féminine? On ne pense jamais à tout, et ce seul
trait suffit pour que cet épisode supplémentaire, particulier dans la
littérature indienne au Lalita-vistara, mais bien connu de l'imagerie
chinoise et japonaise, se trahisse comme ayant été suggéré par une
interprétation populaire d'une figure de femme, ainsi «debout
sur la terre» (dharaṇī-tala-sthd) aux côtés du Gautama pénitent.
Disons toutefois que ce paisible bas-relief ne nous encourage nulle-
ment à procéder à cette distribution générale de rôles plus ou
moins dramatiques. Les deux deva, qui paraissent se borner à faire
consciencieusement leur métier d'assistants — dans l'un, nous
reconnaissons d'ailleurs Indra à sa coiffure, et dans l'autre, si la
tête n'était brisée, nous reconnaîtrions sans doute Brahmâ à son
chignon, — sont en somme, sans oublier de leur adjoindre Vajra-
pâṇi, les deux acolytes ordinaires dans le cycle de la Bodhi. Quant
à la femme, il est plus sage, conformément à la tradition la plus
répandue, de l'identifier avec celle (de quelque nom qu'on veuille
l'appeler, Sujâtâ, Nandabalâ, etc.) qui fit au futur Buddha l'aumône
de sa première nourriture après son long jeûne : le fait qu'elle lui
présente à deux mains une offrande vient en outre, ici, confirmer
cette attribution.

Ce bas-relief nous fournit ainsi une sorte de transition avec les
scènes qui vont suivre. On sait en effet comment le religieux Gau-
tama, après avoir pris son bain dans la rivière Nairañjanâ et mangé
le délicieux riz au lait concentré (pâyasa) que lui a préparé Sujâtâ,
quitte définitivement le lieu où il s'est livré à ses austérités pour
celui où l'attend l'illumination suprême. Nous ne voyons nulle part
qu'au Gandhâra son bain ait été représenté (cf. d'ailleurs plus bas,
p. 444), ni davantage le repas qu'il prend ensuite, ni encore le
fait qu'en finissant il jette au fleuve le bol d'or que, par exception,